Conseil fédéral

Bernard Rüeger: «Johann Schneider-Ammann a fait du bon boulot»

Pour le vice-président d’Economiesuisse, l’élu PLR, malgré une personnalité en retrait, a démontré une réelle capacité à concrétiser des négociations économiques

«Johann Schneider-Ammann n’était certes pas une personnalité show off, mais il était un politicien pragmatique, avec une énorme connaissance du terrain au vu de son parcours professionnel et capable de concrétiser des négociations. Pour résumer, je dirais qu’il a fait du bon boulot à la tête du Département de l’économie», réagit spontanément l’industriel Bernard Rüeger, vice-président d’Economiesuisse et président d’honneur de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI).

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Bernard Rüeger a accompagné le conseiller fédéral, qui a annoncé sa démission mardi, dans plusieurs voyages, en Amérique du Sud, en Asie et, le dernier, en Israël. «A chaque fois, lors des discussions, il était soucieux de donner la parole aux chefs d’entreprise présents et nous demandait de nous préparer en fonction. Il avait à cœur de nous mettre nous en avant, plutôt que lui. Certains pourraient au contraire lui reprocher d’avoir manqué de charisme. Mais c’était son caractère. Il n’en a jamais changé.»

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Fort engagement pour l’apprentissage

Le Vaudois souligne le fort engagement de Johann Schneider-Ammann envers la formation duale: «Il n’en parlait pas beaucoup dans les médias, mais il ne manquait pas une occasion de faire passer des messages aux responsables d’association professionnelle pour soutenir le système d’apprentissage.» «Durant son mandat, il est resté très proche des milieux industriels, poursuit encore Bernard Rüeger. J’ai l’impression d’ailleurs qu’il a obtenu davantage de satisfaction dans son rôle d’entrepreneur que dans celui de conseiller fédéral.»

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Pour l’industriel romand, l’élu PLR a enfin souvent été desservi par une communication défaillante, notamment sur le dossier agricole qui lui a valu l’animosité du monde paysan: «Dans le fond, Johann Schneider-Ammann a eu le courage de l’entrepreneur, bousculant les dogmes et posant le doigt sur un réel problème, celui de la sur-réglementation de l’agriculture. Il a pris un risque, qui sera, au final, utile à son successeur.»

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