Le Temps: Quelle est votre regard sur la nouvelle politique régionale (NPR) imaginée par le Conseil fédéral?

Bernard Soguel: Il m'est difficile de me prononcer de manière précise, car je n'ai pas encore eu connaissance du texte mis en consultation par le Conseil fédéral. De manière générale, je trouve qu'il est nécessaire de réactualiser certains instruments de politique régionale comme l'arrêté Bonny, les crédits LIM ou Regio Plus. L'effet LIM est en effet parfois un peu soporifique quand on l'utilise pour réparer un trottoir ou une conduite, ce qui n'était d'ailleurs pas le but. Il est en revanche inconcevable que ces outils disparaissent purement et simplement comme le souhaitent certains…

– Selon le Seco, les Romands tiennent tout particulièrement au maintien de l'arrêté Bonny….

– A chaque fois qu'il est rediscuté, l'arrêté Bonny suscite des attaques importantes de la part des grands centres économiques du pays. On se battra pour qu'il soit reconduit. Car aujourd'hui, c'est lui qui permet d'attirer les centres de décision de grands groupes mondiaux dans les cantons périphériques. Avec le savoir-faire, c'est l'élément central de la promotion économique exogène de nombreux cantons. Si on nous enlève ce petit plus, nous ne pourrons plus rivaliser avec les autres régions. Il n'y aura alors plus qu'à reboiser l'Arc jurassien et à subventionner la construction de cabanes de bûcheron.

– Comment voyez-vous l'avenir immédiat?

– Nous allons soumettre le rapport sur la politique extérieure du canton de Neuchâtel au Grand Conseil lors de la session de mai (lire LT du 31.03.2004). C'est la première fois que nous menons une réflexion aussi profonde sur un sujet central pour le canton, puisque nous exportons 80% de ce que nous produisons. Le débat parlementaire constituera une bonne occasion de prendre la température. Nous nous nourrirons de cela avant de communiquer la position du canton à la Confédération.

– Que ferez-vous si vous n'êtes pas entendu?

– Il est probable que nous nous allions avec les cantons de Suisse occidentale afin de faire mieux entendre notre voix. On peut aussi imaginer de se rapprocher de la Suisse orientale, comme nous l'avons fait pour défendre nos intérêts communs dans le dossier du raccordement aux lignes ferroviaires à grande vitesse.