Les Genevois peuvent remercier les Bernois. Ceux de l'administration fédérale qui ont défendu leurs intérêts, mais surtout les électeurs du canton qui ont refusé le 16 mai dernier en votation populaire la construction de 7,5 kilomètres de ligne de tramway pour lesquels la Confédération avait prévu d'injecter 32 millions de francs. Sur cette somme restée dans les caisses de l'Etat, l'Office fédéral des transports (OFT) vient de décider d'en attribuer 28 millions pour l'extension du réseau de tram genevois.

«Nous avons eu le feu vert du Département fédéral des finances pour que l'argent provenant du projet de Berne demeure consacré au trafic d'agglomération. Nous l'investirons essentiellement à Genève», annonce Davide Demicheli, porte-parole de l'OFT. Les 4 millions restants seront gardés en réserve pour être éventuellement injecté dans les différents projets subventionnés par Berne.

Pour que la subvention de 28 millions de francs soit versée à Genève, une convention sera signée entre le canton, l'OFT et les Transports publics genevois (TPG). «Nous devrons absolument y parvenir avant la fin de l'année», indique Davide Demicheli. Il y a une dizaine de jours, l'Office des transports a demandé aux TPG un complément d'informations sur les travaux en cours et à venir. La convention couvrira la période 2004-2006. Le paiement s'échelonnera jusqu'en 2006, avec un versement rétroactif pour 2004.

Cette nouvelle réjouit particulièrement le président du Conseil d'Etat genevois, Robert Cramer, car «elle montre que nos revendications étaient fondées», dit le magistrat en charge des Transports. En effet, dans un premier temps Genève a été sacrifié sur l'autel des restrictions budgétaires. En 2002, l'OFT avait pourtant promis 23 millions au canton. Mais à l'automne 2003, en raison d'une réduction du montant alloué au trafic d'agglomération – passant de 155 à 130 millions –, l'office était revenu sur sa parole. Dans la nouvelle mouture, seuls les projets de Berne, de Lausanne et son M2, et Zurich allaient être subventionnés. Scandalisé de ne pas recevoir un kopeck de la Confédération, alors que l'ensemble des travaux coûtera 500 millions de francs sur une douzaine d'années, Genève avait déposé un recours auprès du Département fédéral des transports (Detec).

Le ministre Vert Robert Cramer comblé

Maintenant que l'OFT et le Département des finances acceptent de financer à hauteur de 28 millions de francs les projets genevois (la construction d'une ligne aux Acacias, le prolongement jusqu'au Bachet et la construction d'une ligne jusqu'au CERN), le recours au Detec sera retiré.

Genève qui se plaint d'être «l'oublié» de Berne a cette année, selon Robert Cramer, toutes les raisons d'être comblé: «Avec cette nouvelle, la confirmation des engagements de la Confédération pour la ligne ferroviaire du Haut-Bugey et les positions en faveur du projet Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse, nous vivons une année 2004 faste.»