C’est avec un soulagement palpable que Jacqueline de Quattro, conseillère d’Etat chargée de l’aménagement du territoire, a annoncé mercredi l’approbation du plan directeur cantonal vaudois (PDCn) par la Confédération. «Une bouffée d’oxygène pour notre canton», a souligné la politicienne en conférence de presse.

Cette décision permet à l’Etat de Vaud de sortir du moratoire sur la création de zones à bâtir qui voulait que chaque nouvelle zone de ce type doive obligatoirement et simultanément être compensée par une surface agricole de même taille. Ce blocage durait depuis 2014, date de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire (LAT). De nombreux projets immobiliers étaient depuis à l’arrêt sur le territoire cantonal.

Une victoire d’étape

Après cette décision, les communes qui n’ont plus de réserves à densifier pourront créer de nouvelles zones à bâtir. «Ce qui permettra d’accueillir les 180 000 nouveaux habitants attendus dans le canton de Vaud d’ici à 2030», se réjouit Jacqueline de Quattro, qui prend en exemple Romanel-sur-Lausanne, où un projet devant accueillir 630 habitants peut dès aujourd’hui aller de l’avant.

D’ici juin 2022, 169 communes (sur 309) doivent cependant redimensionner leur zone à bâtir. Le canton subventionne cette tâche à l’aide d’un crédit total de 5 millions de francs, à disposition des communes qui en demandent une part avant 2019. Une incitation du Conseil d’Etat à «commencer les démarches maintenant». Si les municipalités devaient trop traîner, le canton pourrait se substituer à leur autorité.

La préservation des surfaces d’assolement, autrement dit la réserve de bonnes terres agricoles nécessaires à l’approvisionnement de la population, continuera également d’occuper les autorités cantonales qui «puisent actuellement dans les réserves». «Nous sommes de plus en plus nombreux sur un territoire qui ne grandit pas», souligne Jacqueline de Quattro.

Quitte ou double en 2019

Aussi positive soit l’approbation du PDCn par la Confédération, la révision de la loi cantonale sur l’aménagement du territoire, dont les débats viennent à peine de commencer au Grand Conseil, n’en reste pas moins indispensable. Cette loi doit impérativement entrer en vigueur en mai 2019, sans quoi un nouveau moratoire menace. Encore plus sévère que celui dont le canton est en train de sortir, il gèlerait totalement les nouvelles zones à bâtir.