Flotte commerciale

Berne boude les 75 ans du pavillon maritime suisse

Le cautionnement fédéral prévu pour les navires suisses commence à devenir problématique. Didier Burkhalter renonce à participer à une cérémonie ce mardi à Bâle

On célèbre ce mardi le 75e anniversaire du drapeau rouge à croix blanche qui ondule au vent sur les 48 navires de la flotte commerciale suisse. La cérémonie se déroule au Musée des transports (Verkehrsdrehscheibe) de Bâle. Elle commémore l'«Arrêté du Conseil fédéral du 19 avril 1941 sur la navigation maritime sous pavillon suisse». Il était prévu que Didier Burkhalter y représente la Confédération.

Or, le conseiller fédéral a renoncé à participer à cette manifestation, a appris Le Temps. Un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) invoque des «raisons d’agenda» pour justifier l’absence de Didier Burkhalter. Et l’Office fédéral de l’approvisionnement économique (OFAE), en charge de ce dossier, n’y sera pas représenté non plus. «Nous avons reçu une invitation, mais nous sommes empêchés», dit laconiquement son chef d’état-major, Beat Gujer.

Ces empêchements diplomatiques cachent en fait de sérieux problèmes. Le contexte économique a fragilisé le transport maritime. Et il y a peut-être trop de bateaux. Selon le dernier rapport de l’Office suisse de la navigation maritime (OSNM) du DFAE, 48 embarcations battaient pavillon suisse à fin 2015, offrant une capacité de 1,5 million de tonnes. Il s’agit de vraquiers, de navires à usages multiples, de bateaux-citernes ainsi que d’un voilier d’éducation pour jeunes en rupture.

«Pas un centime versé jusqu’à fin 2015»

La Confédération soutient sa flotte de haute mer par un crédit-cadre de cautionnement. Celui-ci était initialement de 600 millions et limité à fin 2012. Mais le parlement a décidé en 2008 de le porter à 1,1 milliard et de le prolonger jusqu’à fin 2017. Comme il s’agit d’un crédit de cautionnement, il n’est utilisé qu’en cas de nécessité. Jusqu’à fin 2015, «pas un centime n’a dû être versé», assure Beat Gujer.

Mais la situation change. La branche, en particulier un grand armateur, rencontre des difficultés. De sorte que, pour la première fois, la Confédération pourrait être amenée à ouvrir sa bourse pour lui venir en aide. «Les armateurs connaissent des problèmes. Des discussions sont en cours. Rien n’est exclu, mais je ne peux rien dire de plus», confie Beat Gujer.

L’avenir de ce cautionnement fait d’ailleurs l’objet de réflexions. Le Conseil fédéral a demandé au ministre de l’Economie Johann Schneider-Amman, dont dépend l’OFAE, de présenter un rapport d’ici à la fin de l’année. «La question est de savoir s’il faut encore faire quelque chose après 2017. Nous en discutons avec des experts et les armateurs», ajoute Beat Gujer. Ces incertitudes sont sans doute la vraie raison de l’absence de Didier Burkhalter.

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