«Nous avons accepté un dialogue épineux mené sur la place publique et pris les critiques au sérieux.» Patron de l'Instruction publique bernoise, Mario Annoni n'avait d'autre choix que de concéder un «petit pas en arrière», face au tollé suscité chez les parents, les enseignants et les politiques par le nouveau système d'évaluation des élèves bernois, intitulé «Schübe», abréviation de Schülerbeurteilung. Une formule complexe alliant commentaires et appréciations, mise en place au début de la présente année scolaire, qui laissait la liberté aux écoles de choisir entre évaluations et notes. Le système a fâché jusqu'aux élèves: des écolières alémaniques avaient lancé une pétition contre une évaluation jugée incompréhensible et pour le retour des notes.

Double correction

Avec son staff, Mario Annoni a opéré une double correction salutaire, puisque des représentants des enseignants contestataires, présents mardi à Berne à la présentation de la «Schübe» revue, ont exprimé leur satisfaction. Il a levé l'ambiguïté du choix entre appréciations et notes, et décrété le retour généralisé aux notes, de 1 à 6, à partir de la 3e année. La signification des notes est clairement explicitée, à tout le moins dans la partie francophone du canton. Si un 5 équivaut à «bien, objectif atteint» dans la partie alémanique, le même 5 correspond à «l'élève a largement atteint les objectifs définis en allant au-delà des seuils minimaux fixés» dans le Jura bernois et à Bienne. Autre adaptation exigée: présenter un formulaire d'évaluation compréhensible, «plus simple et plus intuitif», commente le ministre. C'est chose faite.

S'il a plié – tout en réfutant l'accusation de «fiasco» –, Mario Annoni n'a pas cédé. «Avec Evaluation 04, nous poursuivons sur la voie empruntée», assène-t-il, estimant que «l'évaluation doit avoir une dimension formative et être axée sur les objectifs d'apprentissage». Ainsi, en plus des notes, les élèves sauront si les objectifs pédagogiques sont atteints ou non, largement voire très largement.

Le nouveau formulaire conserve l'évaluation de l'attitude de l'élève, de sa motivation et de sa capacité à travailler en groupe.

Pas peu fier d'avoir trouvé très rapidement une solution consensuelle qui entrera en vigueur dès l'année scolaire 2004-2005, Mario Annoni appelle désormais le «milieu scolaire à retrouver son calme» et les enseignants «à se concentrer sur leur enseignement».