Les autorités vaudoises disposent d’une autre possibilité d’agir contre Laurent Ségalat, condamné pour meurtre et dont la France refuse d’exécuter la peine de 14 ans de prison, indique jeudi le Conseil fédéral. Elles peuvent demander à Paris de reprendre la poursuite pénale contre le généticien français.

C’est une surprise dans la déjà longue saga Ségalat. Après avoir été acquitté du meurtre de sa belle-mère en première instance, puis reconnu coupable et finalement condamné à 14 ans de prison par la Cour d’appel du Tribunal cantonal vaudois, le généticien français, aujourd’hui réfugié à son domicile de Thonon, avait appris à la fin mai qu’il ne serait pas contraint d’exécuter sa peine dans l’Hexagone, le Ministère français de la justice ne donnant pas suite à la demande de délégation présentée par la Suisse. «La France sidère en refusant» de l’incarcérer, avait réagi sur sa Une 24 heures.

L’affaire semblait close pour beaucoup depuis, au grand dépit de nombreux juristes. Mais ce jeudi, le Conseil fédéral affirme en réponse à la motion du conseiller national vaudois Olivier Feller qu’une nouvelle action suisse motivée différemment «demeure encore possible».

Laurent Ségalat, qui a passé deux ans et demi en détention préventive, a toujours nié toute implication dans la mort brutale de sa belle-mère, qui a eu le crâne fracassé. Il a aussi soutenu avoir tout fait pour sauver celle qui gisait à terre lors de son arrivée dans la maison familiale. Trois ans après sa sortie de prison, le généticien peut souffler. Mais il ne pourra plus voyager.