Le suspense a été intense tout au long du dépouillement: il a fallu attendre le résultat des villes de Berne et de Bienne pour voir le oui à HarmoS l’emporter dans le canton de Berne. Jusque-là, les régions alémaniques rurales, fiefs UDC, avaient repoussé le concordat national. Pas tant pour rejeter l’harmonisation, mais contre l’obligation de commencer l’école enfantine à 4 ans. Les affiches montrant un enfant en pleurs ont fait leur effet.

Le ministre vert de l’Instruction publique, Bernhard Pulver, peut être soulagé: les villes, le Seeland et le Jura bernois l’ont largement suivi, permettant au «oui» de l’emporter. Championne de l’acceptation, La Neuveville, avec 70%, devant Bienne (68,4%). La région Bienne-Seeland-Jura bernois, avec un oui à 63%, permet au canton de Berne d’être le onzième canton à ratifier HarmoS. Ce dimanche, Uri (à 68,9%) et Zoug (50,11%) ont refusé le programme.

La Suisse enregistre un net clivage avec l’harmonisation scolaire. Un vaste Arc allant de Saint-Gall à Genève en passant par Bâle soutient ce programme, avec Berne comme pont entre Zurich et la Suisse romande. Par contre, la Suisse centrale n’en veut pas.

Pour Berne, le «oui» est important. Il permet aux francophones de participer à la mise en place de la convention scolaire romande et aux Alémaniques de construire l’harmonisation avec le grand voisin Zurich.