Les électeurs bernois sont invités, ce week-end, à donner leur avis sur quatre objets aussi divers que l’élection d’un conseiller aux Etats, une baisse de la taxe des véhicules, l’opportunité de construire une nouvelle centrale nucléaire à Mühleberg et la votation fédérale sur les armes.

La superposition interfère sur chacun des objets. Ne serait-ce que parce qu’additionnés, ils draineront une participation qui devrait dépasser le cap des 50%, ce qui n’est pas fréquent dans le canton de Berne. Elle n’avait été que de 32,4% lors des élections cantonales de mars 2010.

Le sujet le plus sensible est la votation consultative destinée à formuler la prise de position cantonale sur la nécessité de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Le souverain dira s’il soutient le projet de Mühleberg II, à douze kilomètres de la capitale fédérale, en remplacement de la centrale actuelle, en fonction depuis 1972.

Canton à majorité bourgeoise, Berne a toujours apporté son appui à l’atome. En 1990, à l’instar du peuple suisse, il refusait l’abandon du nucléaire à 51,6% (52,9% au plan national), tout en admettant un moratoire de dix ans sur toute nouvelle construction de centrale (56,7% de oui, 54,5% au plan fédéral). En 2003, les Bernois repoussaient encore plus nettement que la majorité des Suisses (67,5% à Berne, 66,3% en Suisse) l’initiative demandent de «sortir du nucléaire».

Depuis lors, l’électorat bernois est devenu plus versatile. Il reste majoritairement conservateur et bourgeois. Mais, sous l’influence grandissante des agglomérations, il a élu une majorité rouge-verte au gouvernement cantonal en 2006, reconduite en 2010, faisant un triomphe au ministre vert et adversaire du nucléaire Bernhard Pulver.

La campagne pour ou contre Mühleberg II a été passionnée. Nul doute que le poids – et les moyens financiers – des Forces motrices bernoises, porteuses du projet de nouvelle centrale, aura un impact important. Au plan politique, le gouvernement de gauche se bat pour renoncer à Mühleberg II, le parlement dominé par les partis bourgeois estime indispensable et responsable de construire une nouvelle centrale. Au jeu des pronostics, les observateurs donnent le oui légèrement vainqueur.