Sous le coup de l'émotion, le conseiller national bernois Hans Grunder envisageait jeudi ouvertement la création d'un groupe parlementaire dissident. Cette scission n'est plus à l'ordre du jour: même lui est revenu en arrière. «Aucun des onze parlementaires UDC bernois ne pense aujourd'hui sérieusement à créer un groupe séparé, confirme le conseiller national Jean-Pierre Graber. Conserver l'unité du parti et du groupe est prioritaire.»

Unité? Cette décision n'empêche pas de fortes divisions internes. Et les anciens clivages entre blochériens et centristes reprennent de plus belle. L'UDC bernoise s'est réunie jeudi soir pour des premières discussions. D'abord le comité directeur. Puis, de façon informelle, les onze parlementaires fédéraux avec Samuel Schmid. Et, enfin, une assemblée des délégués - ils étaient 600 - à Belp. Où le président, le conseiller national Rudolf Joder, a eu des mots très durs vis-à-vis de la nouvelle conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf et du PDC. L'assemblée a surtout permis aux délégués de désigner Christoph Neuhaus, actuel porte-parole de l'Euro 2008, comme candidat à l'élection complémentaire au Conseil exécutif du 24 février. Les conséquences de l'éviction de Christoph Blocher ne seront évoquées que lors de l'assemblée des délégués du 24 janvier. Mais les parlementaires fédéraux présents jeudi à Belp ont bien sûr été harponnés par de nombreux délégués. Et la base paraît très divisée.

Large éventail d'opinions

«Un ancien député nous a dit qu'il proposerait carrément, lors de la prochaine assemblée, d'exclure du parti tous ceux qui ne veulent pas constituer un groupe séparé, précise Jean-Pierre Graber. Alors que d'autres en veulent à Samuel Schmid de ne pas avoir démissionné du Conseil fédéral, comme signe de solidarité envers Christoph Blocher. Vous voyez, l'éventail des opinions est plutôt large...»

Au sein du comité directeur de l'UDC bernoise aussi, les avis divergent. Entre les plus blochériens, dont le président, qui veulent coûte que coûte entrer dans une opposition totale en coupant tous liens officiels avec les deux conseillers fédéraux UDC, et ceux qui estiment cette situation difficilement tenable. Jean-Pierre Graber: «Personnellement, je donne deux ans au groupe pour qu'il se rende compte que cette stratégie ne tient pas sur le long terme.»

Dans l'immédiat, les parlementaires bernois tenteront donc de maintenir un lien de travail avec «leur» Samuel Schmid, mais sans trahir la ligne du groupe. La solution? Organiser des rencontres informelles entre les conseillers nationaux bernois qui le désirent et Samuel Schmid. Mais ces rencontres ne déboucheront sur rien d'officiel.