Les ondes moyennes en terres alémaniques, c'est bientôt fini. La SSR va débrancher l'émetteur de Beromünster à la fin de l'année. De l'époque héroïque de la radio, il ne restera que l'émetteur de Sottens, inauguré en 1931 aussi, et qui transmet encore les programmes d'Option Musique, la chaîne musicale de la RSR. La fête d'adieu à «Radio Beromünster» a lieu ce week-end déjà, en présence de plusieurs grandes voix qui ont fait la notoriété de ce programme. L'occasion pour de nombreux nostalgiques de faire le pèlerinage dans le canton de Lucerne. Et de découvrir que la vraie patrie de l'ancêtre de la DRS1 est en fait la commune de Gunzwil.

Lorsque l'antenne fut construite en 1931, les responsables de la radio se voyaient mal émettre sous le nom de Gunzwil. Ils se tournèrent vers la commune voisine de Münster, ainsi nommée en raison de sa collégiale en style baroque tardif, célèbre pour ses trois orgues d'époques différentes. Mais il existait déjà en Allemagne un émetteur à Münster. Pour éviter la confusion, on accola alors le nom du patron de la collégiale, le comte Bero, noble Allaman qui aurait fondé au milieu du Xe siècle le Chapitre des chanoines de Münster pour veiller sur les défunts de sa famille.

Indépendance de guerre

C'est ainsi qu'à partir de 1931, le peuple radiophonique alémanique communie à midi trente au son des informations de Radio Beromünster. En 1934, la commune suit le mouvement et se rebaptise aussi Beromünster. Depuis le renforcement de l'antenne en 1937, le nom du village lucernois situé entre les lacs de Hallwyl et de Sempach arrive dans toute l'Europe.

La chaîne atteint le sommet de sa popularité pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour des milliers d'auditeurs qui n'ont aucune idée d'où peut bien se trouver ce «beromunschtre», elle devient synonyme des dernières informations indépendantes en allemand. Tous les vendredis soirs par exemple, l'alors jeune professeur Jean-Rodolphe von Salis lit ses chroniques qui font le point sur la situation politique et militaire dans le monde.

La concurrence des ondes courtes, puis de la radio digitale, ont eu raison de l'émetteur. Ces dernières années, il a surtout fait parler de lui comme source d'électrosmog. L'antenne principale de 215 mètres de haut dépassait les valeurs limites et la SSR n'a pas voulu engager des frais pour l'assainir. Qu'importe. Beromünster est déjà entré dans l'histoire, et la commission fédérale des monuments historiques propose que l'installation soit protégée. La commune va garder son nom. Et elle va même fusionner avec sa voisine de Gunzwil.