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Le bloc I de la centrale de Beznau à Döttingen (AG), en octobre 2016.
© CHRISTIAN BEUTLER/KEYSTONE

Énergie

Beznau I, la plus vieille centrale nucléaire du monde, devra tourner jusqu'à 2030

L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire a indiqué que le bloc I de la centrale argovienne, à l’arrêt depuis 2015, ne présente pas de risque pour la sécurité. L'exploitant confirme son intention de reprendre le service

Après trois ans d’arrêt, le bloc 1 de la centrale nucléaire de Beznau, à Döttingen (AG) peut redémarrer. Ainsi en a décidé l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), a-t-elle annoncé mardi devant les médias à Brugg. Peu après, Axpo a confirmé son intention de relancer le réacteur.

La société veut le remettre en service à la fin du mois, après avoir mené à bien sa révision. D'ici là, l'installation subira encore des tests de sécurité. Le réacteur devrait ainsi pouvoir à nouveau tourner à plein régime à la fin du mois de mars, trois ans après avoir été débranché du réseau. Axpo entend toujours exploiter la centrale nucléaire jusqu'en 2030.

Les examens menés sur la cuve de pression ont confirmé les suppositions faites dès la découverte des «mini-trous», a souligné le directeur général d'Axpo Andrew Walo. Les défauts sont bel et bien d'origine et non pas liés à l'exploitation du réacteur.

Une analyse à 350 millions de francs

Une quarantaine d'experts internes et externes ainsi que plusieurs entreprises spécialisées ont pris part aux analyses complexes, intensives et coûteuses de l'IFSN. La facture de cette opération s'élève à 350 millions de francs.

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Beznau 1, le plus ancien réacteur commercial du monde, est hors service depuis mars 2015. Des défauts avaient été constatés dans l’acier de la cuve de pression de Beznau 1: 925 «mini-trous» d’un diamètre d’environ 7 millimètres. L’installation ne présente pas de risque pour la sécurité, a conclu l’IFSN.

«La cuve de pression est sûre»

L'exploitant Axpo a pu prouver que les inclusions se trouvant dans l'acier de la cuve de pression n'ont pas d'influence négative sur les propriétés du matériau, indique l'IFSN mardi. Elles ne présentent donc pas de risque pour la sécurité, conclut-elle.

«Nous pouvons affirmer avec conviction que la cuve de pression du réacteur I de Beznau est sûre», a déclaré le directeur de l'IFSN Hans Wanner. Sur le plan de la sécurité technique, rien ne s'oppose à ce que Beznau 1 soit à nouveau raccordée au réseau, a-t-il ajouté.

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Mesures par ultrasons

Il y a trois ans, l'IFSN avait exigé qu'Axpo analyse, caractérise et évalue les mesures par ultrasons signalant des indications de défauts dans l'acier de la cuve de pression. Devant l'impossibilité de prélever de grands échantillons sur la cuve de pression du réacteur, Axpo a commandé une réplique de cette installation, réalisée selon la même procédure que l'original.

Résultat: les examens par ultrasons effectués sur la réplique ont présenté une image comparable avec celle obtenue lors de l'analyse de l'original. Selon des examens métallurgiques supplémentaires, les mesures faites par ultrasons proviennent bel et bien des inclusions d'oxyde d'aluminium.

Oxyde d'aluminium inoffensif

Ensuite, Axpo a mené des examens microscopiques approfondis sur les propriétés chimiques locales de l'acier. Leur but: pouvoir écarter la possibilité que d'éventuels enrichissements ne se produisent avec différents éléments connus pour influencer la fragilisation de l'acier.

Les résultats de ces examens sont clairs: aucun de ces enrichissements n'a été trouvé, ni dans l'entourage immédiat des inclusions d'oxyde d'aluminium, ni dans le matériau se trouvant entre les inclusions. L'oxyde d'aluminium n'a donc pas d'influence négative sur la fragilisation de l'acier.

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Les 925 «mini-trous» constatés en 2015 sur la cuve de pression ne se sont pas formés durant l'exploitation du réacteur. Les premières vérifications menées par Axpo avaient révélé qu'il s'agissait de défauts d'origine datant de la cuve réalisée en France en 1965.

Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Bezau ne va pas être rebranché immédiatement au réseau. Son coeur doit être rechargé avant que l'IFSN ne mène de nouveaux tests. Ce n'est qu'après que le feu vert doit être donné à une relance progressive, comme après toute autre révision.


 

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