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Les bienfaits cachés des transports publics genevois

Selon une étude inédite, investir 1 million de francs supplémentaires dans les TPG engendrerait des retombées positives en termes d’environnement, de santé publique ou encore de valeur foncière

Forum mobilité 

L’agglomération genevoise va vivre un véritable Big Bang en matière de mobilité: inauguration du Léman Express, adaptation de 20 lignes de bus, véhicules autonomes, mobilité douce… Les TPG et Le Temps organisent un grand événement pour en débattre.

Campus de la HEAD, bâtiment H, Genève
Jeudi 14 novembre de 16h00 à 20h15

Programme détaillé

Au-delà de transporter les passagers d’un point A à un point B, si possible sans retard, les transports publics genevois (TPG) ont un impact positif sur la société. C’est la conclusion d’une étude inédite commandée par la régie publique qui chiffre avec précision les retombées économiques engendrées par ses activités: 1,18 million de francs pour 1 million investi. Si certains résultats comme l’impact environnemental semblent tenir du bon sens, d’autres sont plus surprenants. Ils seront dévoilés aujourd’hui dans le cadre du Forum Mobilité organisé par Le Temps.

Est-il rentable d’investir des fonds publics dans les TPG? C’est à cette question que les chercheurs du bureau de sciences sociales Mobil’homme, lié à l’EPFL, ont dû répondre. En 2018, les TPG ont transporté 215,4 millions de voyageurs, soit une augmentation de 10% depuis 2013. Néanmoins, la part des transports en commun ne représente que 15% de l’ensemble des trajets effectués en moyenne à Genève. En clair, un fort potentiel de progression existe.

Impact environnemental

Si l’Etat investissait 1 million de francs supplémentaires dans le budget des TPG, qui avoisinait 436,9 millions en 2018 dont 264,9 millions de contributions, les retombées positives seraient multiples. «Le développement de l’offre génère une baisse des dépenses des ménages, un gain de temps et une augmentation des valeurs foncières et immobilières», détaille Emmanuel Ravalet, coauteur de l’étude qui a réalisé une analyse coûts-bénéfices à partir d’un modèle développé spécialement pour les TPG. «En moyenne, il est plus rapide de se déplacer en bus qu’en voiture, précise le socio-économiste. Le temps passé dans les transports en commun est aussi mieux utilisé, étant donné qu’on peut travailler ou lire.» Quid de la valeur foncière? Les zones mieux desservies par les transports, en particulier les tramways, gagnent de la valeur. Une bonne nouvelle pour les propriétaires, pas forcément pour les locataires.

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Une offre enrichie engendre également des avantages sociétaux. «On constate une amélioration de la sécurité, les deux-roues motorisés ou non ainsi que les voitures étant plus dangereux que les transports en commun, mais aussi une baisse de la pollution atmosphérique, des émissions de CO2 et des nuisances sonores.» Cette dernière conclusion, a priori intuitive, n’était pourtant pas garantie. «Certains délaissent leur voiture pour le bus, mais d’autres renoncent aussi à prendre leur vélo ou à marcher», souligne Emmanuel Ravalet. En clair, certains polluent plus, d’autres moins, mais globalement l’effet reste positif.

Résultats difficilement transposables

Vu les résultats, peut-on soupçonner l’étude d’être orientée dans le but d’obtenir davantage de subventions? «Certes, les conclusions sont favorables aux TPG, mais ce n’était pas du tout une certitude au moment de commencer l’analyse, répond Emmanuel Ravalet. Par rapport à d’autres études aux méthodologies discutables, les résultats sont moins spectaculaires.» A noter que les effets directs et indirects tels que la création d’emplois aux TPG ou chez les sous-traitants n’ont pas été analysés lors de cette étude, de même que les effets sur la congestion routière. Dans un secteur fortement touché par le lobbying, le chercheur juge important d’avoir des chiffres scientifiquement fiables pour permettre aux autorités d’effectuer les meilleurs investissements en matière de politique de transport.

Dans l’absolu, les conclusions sont-elles valables pour n’importe quelle compagnie de transports publics en Suisse? «Les résultats sont difficilement transposables, estime Emmanuel Ravalet. Si on refaisait les calculs pour Berne ou Zurich, il y aurait certainement des variations dans la mesure où les transports publics sont plus fortement développés qu’à Genève. La spécificité du territoire et les habitudes de déplacement sont propres à chaque ville.»

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