«Biel boomt», fanfaronne la ministre socialiste bernoise des Transports, Barbara Egger-Jenzer. Bienne connaît une importante croissance de ses activités économiques, mais la ville de 51000 habitants suffoque. Sa mobilité est congestionnée, la faute à l'absence d'un contournement autoroutier qui se fera attendre encore dix ans au moins, et à des transports publics insuffisamment performants.

Le maire, Hans Stöckli, a la solution: il revendique la construction d'une ligne de tram entre la gare, le centre-ville et la zone des Champs-de-Boujean. Un axe ouest-est, «notre colonne vertébrale», plaide-t-il.

Connexions multiples

Le programme utiliserait la ligne actuelle de train Anet-Täuffelen-Bienne, qui longe la rive orientale du lac et s'échoue en gare de Bienne. Cette ligne serait prolongée par une voie de tram, longue de 6,5 kilomètres, le long de la Suze, partant de la gare, croisant le Palais des congrès, les géants horlogers Swatch et Omega, pour aboutir à l'est de la ville, direction Soleure, aux Champs-de-Boujean. Le nouveau poumon économique et commercial de Bienne, où des stades flambant neufs seront construits d'ici à 2011.

Destiné à fluidifier la mobilité interne (le trajet gare-Boujean, actuellement supérieur à 20 minutes, descendrait à 12 minutes, avec une fréquence, un confort et des capacités plus importantes), le projet de tram doit également faciliter l'entrée en ville. A son extrémité à Boujean, il serait connecté à la ligne CFF Bienne-Soleure et à l'échangeur autoroutier A5-A16.

Soutenu par le canton - Barbara Egger-Jenzer se réjouit de défendre les transports publics à Bienne, et pas seulement l'évitement autoroutier -, le tram ne roulera pas encore demain. L'avant-projet n'est pas ficelé, le tracé exact doit être précisé. Passera-t-il devant, derrière ou sous la gare?

Trois échéances balisent le projet: 2010, avec les premières décisions fédérales liées au fonds d'infrastructure. Maire de Nidau et président de l'association seeland.biel/bienne, Bernhard Stähli affirme que, sans soutien fédéral, le tram biennois ne se fera pas. Le programme est devisé à 130 millions. Le canton de Berne se dit prêt à largement participer.

Deuxième échéance: 2013. Bienne accueillera un événement national, la Fête fédérale de gymnastique. La Ville veut avoir convaincu d'ici là les CFF d'ouvrir la gare de Boujean. Si tout se passe comme espéré, les travaux de construction du tram biennois débuteraient en 2014. Fidèle à lui-même, Hans Stöckli est optimiste. Il assène qu'un tram est «une nécessité» pour soutenir le développement de Bienne, pas un joujou.