Ville sinistrée au tournant des années 1990, Bienne a tiré parti d'Expo.02 pour inverser la tendance. Le maire, Hans Stöckli, a investi 150 millions pour embellir le centre-ville, faire les yeux doux aux entreprises de la communication et développer les infrastructures culturelles.

Le temps est venu, a-t-il relevé mercredi, de satisfaire les besoins des associations sportives: Bienne projette de construire un complexe comprenant un stade de football de 6000 places et une patinoire pouvant accueillir 6000 personnes assises, ou 8000 dont une moitié debout.

Le site retenu, aux Champs-de-Boujean, à l'intersection des autoroutes A5 et A16, sera un trait d'union entre la ville et sa zone industrielle en expansion. En plus des stades, la cité compte réaliser une piste de curling, des terrains d'entraînement, une zone résidentielle de 300 appartements, et quantité d'espaces commerciaux ou de loisirs. Devis global du projet: 350 millions.

Mais la ville compte ne devoir en investir qu'une trentaine, pour les infrastructures de base. Hans Stöckli nourrit l'ambition de «se faire offrir» les stades. Il lance un processus «PPP», de partenariat public-privé. Son deal: la ville offre le terrain aux investisseurs disposés à financer tout ou partie du programme.

Le processus devra franchir l'obstacle d'une votation populaire, en automne 2007. Le début des travaux pourrait survenir en 2009, la patinoire être utilisable en 2010, le stade de football d'ici à 2015.

Particularité du projet: il s'articule autour des ambitions des grandes firmes horlogères. La ville entend utiliser les millions encaissés par la vente d'un terrain voisin à Rolex qui va construire une usine susceptible de générer un millier d'emplois. Swatch Group envisage, de son côté, d'utiliser des terrains contigus aux stades. La ville les lui cédera et profitera du gain foncier pour financer les constructions sportives. C'est le partenariat privé-public à la sauce Hans Stöckli.