Genève

Des biens archéologiques de Palmyre confisqués aux Ports francs

Les objets séquestrés proviennent de pillage sur le site syrien, a établi l’enquête du Ministère public genevois. En attendant de pouvoir être restitués, ils iront au Musée d’art et d’histoire

Une magnifique tête d’Aphrodite, une tête de prêtre coiffé de sa tiare, des stèles anthropomorphes, des bas-reliefs funéraires, autant de petites merveilles datant du IVe siècle avant notre ère chrétienne au IIIe siècle de l’ère chrétienne… Neuf objets culturels archéologiques de valeur inestimable, comme il est coutume de le dire, ont été confisqués par le Ministère public genevois aux Ports francs de Genève.

En images: Sept objets antiques confisqués à Genève

Entreposés entre 2009 et 2010, ces objets ont fait l’objet d’un contrôle de l’Administration fédérale des douanes, en avril 2013, laissant soupçonner une provenance illégale. En effet, les certificats de provenance affichaient les Emirats arabes unis et le Qatar. Contacté, l’Office fédéral de la culture a confirmé l’authenticité des biens. Ils proviennent en effet de la cité de Palmyre en Syrie, un foyer culturel majeur du monde antique, du Yémen et de Libye.

Procédure ouverte fin février

Fin février de cette année, sur dénonciation des douanes, une procédure pénale a été ouverte par le Ministère public et confiée au procureur Gregory Orci. Les éléments recueillis durant l’instruction l’ont conduit à conclure que les biens séquestrés provenaient de pillages. D’où la confiscation des objets, ce 22 novembre. Selon nos informations, ces biens n’étaient pas propriété d’acteurs connus du marché de l’art. Le détenteur n’a pas remis en cause la confiscation, note le Ministère public.

Pour des raisons politiques évidentes, il n’y aura pas de prompte restitution. En attendant que les pays concernés reviennent à meilleure fortune, ces neuf biens culturels seront conservés au Musée d’art et d’histoire afin d’être exposés au public.

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