Les radicaux genevois veulent que les parents d'élèves déjeunent en paix. Mais, actuellement, la majorité des écoliers suisses ne sont pas pris en charge pendant la pause de midi, ni après les cours. Alors, le Parti radical, qui a fait de l'école son cheval de bataille électoral, s'est emparé de ce thème brûlant. En déposant une motion qui demande l'application de l'horaire continu à l'école primaire et secondaire obligatoire.

La fin de l'idéal bourgeois

Motif: «Les horaires scolaires ont été définis à une époque où le père travaillait et la mère restait à la maison. Cet idéal bourgeois du XIXe siècle est révolu», explique Hugues Hiltpold, vice-président du Parti radical genevois.

Les contraintes économiques qui pèsent aujourd'hui sur les familles ne permettent plus aux parents de choisir de cesser une activité. Et dans les familles monoparentales, de plus en plus nombreuses, la question ne se pose plus. Selon les radicaux, en 1970, moins de 30% des mères travaillaient, contre 70% désormais.

Pour les familles, la prise en charge des élèves après les cours relève du casse-tête, soulignent les radicaux. Résultat: 50% des enfants suisses ne sont pas encadrés à certains moments de la journée, selon l'Office de la statistique. «Les enfants n'ont pas tous les mêmes chances: certains parents ont le temps et les outils intellectuels pour aider leurs enfants. D'autres pas», relève Bernard Favre, secrétaire général du parti genevois.

La recette radicale? Mettre en adéquation horaires scolaires et vie professionnelle des parents. Pour cela, les députés présentent deux modèles. Le premier, en vigueur en Allemagne, propose une prise en charge des élèves de 7h30 à 14 heures. Le second se base sur les horaires actuels (enseignement de 8h à 11h30 et de 13h30 à16h), mais il garantit un encadrement parascolaire à midi et jusqu'à 18 heures.

Pour la pause déjeuner, il y a les cuisines scolaires, instaurées à Genève en... 1902. Reste toutefois à équiper les nombreuses écoles qui manquent encore de structures. Pour la fin d'après-midi, les radicaux ont concocté un programme idéal: les élèves font leurs devoirs, puis exercent une activité sportive ou artistique.

Suspense sur le coût

Mais qui paiera? «C'est au Conseil d'Etat de définir une stratégie», affirme Bernard Favre. Les radicaux évoquent tout de même des pistes: le Groupement intercommunal pour l'animation parascolaire, qui contribue déjà au financement des activités, le tissu associatif local, les parents, qui participeraient de manière facultative et en fonction du revenu.

La motion a reçu le soutien des Femmes radicales suisses, qui ont déjà essuyé plusieurs échecs sur cette question au niveau fédéral. Leur secrétaire générale, Barbara Perriard, s'engage pour que cette motion soit reprise par les sections radicales des autres cantons.