Ruth Metzler s'engagera activement en faveur de la votation pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU, coupant ainsi court à une rumeur laissant entendre qu'elle n'avait pas vraiment l'intention de le faire. La conseillère fédérale en charge du Département de justice et police (DFJP) l'a confirmé dans une interview parue jeudi dans l'Aargauer Zeitung. Ruth Metzler rappelle qu'elle s'engage depuis plusieurs mois déjà en faveur d'une adhésion à l'ONU pour ce qui relève tout particulièrement des thèmes de sécurité et de migration et elle donne en exemple la collaboration toujours plus étroite de la Suisse avec le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). La conseillère fédérale ajoute être convaincue qu'une adhésion permettra de renforcer les mesures en matière de sécurité intérieure. Toujours dans le quotidien alémanique, Ruth Metzler évoque également la nécessité pour la Confédération de disposer de son propre corps de police civile. Afin de ne pas devoir systématiquement compter sur le soutien des polices cantonales ou de l'armée pour remplir certaines tâches comme la protection des ambassades étrangères, le maintien de la sécurité lors de conférences internationales ainsi que celle des bâtiments et du personnel de la Confédération.

Pas de «FBI» suisse

Que ce corps de police soit composé de gardes-frontière, de policiers ou de gardes-fortifications importe peu Ruth Metzler. «Cet aspect est secondaire. Mais si la Confédération ne peut compter sur son propre corps de police, alors elle devra trouver d'autres solutions que celles en vigueur actuellement pour pouvoir assurer ses devoirs en matière de sécurité.» Et de souligner que la Confédération devra par exemple enjoindre les cantons de lui mettre rapidement des policiers à disposition. La politicienne soutient toutefois que les structures fédérales de la police doivent être maintenues, rappelant que le projet USIS ne va absolument pas en direction de la création d'une espèce de FBI au niveau suisse. Reprenant les conclusions auxquelles était arrivé le groupe de travail chargé de mettre USIS sur pied, l'Office fédéral de la police a en effet clairement expliqué en octobre que la création d'une «super police» fédérale forte d'un millier de collaborateurs devait être abandonnée car elle est trop coûteuse et surtout contraire au sacro-saint principe du fédéralisme. Cette variante aurait en quelque sorte ressuscité l'idée de «Busipo» (police fédérale de sécurité) lancée par l'ancien conseiller fédéral Kurt Furgler et balayée en votation populaire le 3 décembre 1978.

Mis en route par Ruth Metzler et la Conférence des directeurs cantonaux de Justice et police en novembre 1999, USIS vise la refonte du fonctionnement de la sécurité intérieure. Le 9 novembre dernier, la Conférence des directeurs cantonaux de Justice et police a pris connaissance du deuxième rapport, USIS II (Le Temps du 10 novembre). Les cantons ont décidé de privilégier la variante qui prévoit que les tâches de la police de sécurité sont assumées par ces derniers et que la Confédération prend une partie du coût de ces forces supplémentaires en charge. La seconde variante, retenue par le Conseil fédéral et tout particulièrement appuyée par Ruth Metzler qui cherche à l'affiner, prévoit précisément que la Confédération dispose de sa propre police de sécurité pour des tâches relevant de ses compétences. Quant à la troisième variante qui consisterait à entièrement confier à la Confédération les tâches que les cantons ne sont actuellement pas en mesure d'assumer, elle n'a trouvé grâce auprès de personne. Le rapport final d'USIS II, complété par un plan de réalisation, ne devrait aboutir qu'au printemps 2003.