Utiliser sa carte d’identité sur Internet pour prouver qui l’on est, ce sera possible dès 2016 en Suisse. Le Conseil fédéral a décidé d’adapter «à la technique moderne» les documents d’identité. Parmi les quatre types de cartes qui seront à disposition, l’un prévoit une puce électronique sur laquelle se trouveraient enregistrées une photo, deux empreintes digitales et «une identité électronique pour les applications de cyberadministration et de commerce électronique».

Le Conseil fédéral a annoncé ce vendredi 16 décembre que le Département fédéral de Justice et Police (DFJP) étudiera ce projet. La carte actuelle, sans puce, restera disponible. Une autre carte, à puce, contiendra une photo et deux empreintes digitalisées. Le quatrième type de carte regroupera sur un document les informations des deux autres.

Pas de transfert d’argent

Attention, la carte pour la cyberadministration et le commerce en ligne ne servira pas à transférer de l’argent. Mais uniquement à prouver qui est devant son écran, explique Philipp Baettig, l’un des responsables du projet.

«La Confédération a décidé que mettre cette technologie à disposition était une de ses tâches», ajoute-t-il. Concrètement, un lecteur de carte et un mot de passe seront nécessaires.

«Cela permettra par exemple de s’assurer de l’âge d’un acheteur sur Internet, ajoute-t-il. Quand quelqu’un contrôle un passeport aujourd’hui, la personne est en face de lui. Mais il sera aussi possible dans le futur de faire ça dans le monde digital.»

Les champs d’utilisation peuvent être plus larges, comme pour signer un contrat de travail ou de bail. Selon le spécialiste, ce système existe aussi en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Norvège, en Suède, en Espagne et dans les pays baltes.

Il s’agit aussi d’une première base pour faciliter le vote par Internet. «Mais il ne faut pas comprendre que le e-voting va se généraliser», avertit Philipp Baettig.