Le Temps: En 2005, vous avez été projeté à la tête d’un département dont vous ne connaissiez pas grand-chose. Un handicap rédhibitoire?

Roland Debély: La première année a été difficile. La santé est un domaine complexe. J’ai dû apprendre pour en comprendre les enjeux. Après quatre ans, les choses sont plus faciles. Mon argumentaire s’est étoffé.

– Vous n’avez pas été épargné par les critiques, avec notamment le lancement de trois initiatives populaires dans le domaine hospitalier. Comment l’expliquez-vous?

– Quand on observe ce qui se passe, on peut s’inquiéter. Quand on se compare, on se rassure. Vous avez déjà vu une réforme sanitaire qui n’entraîne pas des réactions? Je reste serein. De manière générale, mon bilan est assez positif. C’est incroyable de voir ce qui a été fait en quatre ans. Des domaines comme les hôpitaux, les soins à domicile et la psychiatrie stationnaire et ambulatoire ont été réunis dans des structures uniques. Cela participe au redressement des finances, qui faisait partie de mes objectifs de campagne. Concernant les initiatives hospitalières, j’espère que les états généraux de la santé permettront de trouver un contre-projet global pour éviter une votation populaire.

– Les réformes des crèches et des soins à domicile (Nomad) ont aussi suscité des levées de boucliers…

– Il y a eu des difficultés, oui. J’aurais souhaité que la révision de la loi sur les structures d’accueil pour la petite enfance soit sous toit avant la fin de la législature. Ce faisant, on a brûlé une étape: on n’a pas consulté pour l’introduction de bons de garde. L’intention était louable: être reconnu par Berne comme canton pilote et bénéficier du subventionnement. Mais l’absence de consultation était une erreur. Cela dit, nous avons augmenté la dotation des structures d’accueil de 2 millions et fait passer le nombre de places de 1000 à 1600. Concernant Nomad, la réunion en une structure constitue une première étape. La réforme trouvera son sens avec l’introduction d’un nouveau concept de maintien à domicile. Le mandat, en cours, a été donné à la HE-Arc Santé.

– Votre personnalité retenue, votre difficulté à communiquer sont soulignées. Cela pénalise-t-il votre action?

– Je ne suis pas du genre à gesticuler pour apparaître sur la scène publique. Malgré cela, un certain nombre de projets ont été réalisés. Cela dit, nous avons commis des erreurs de communication. Cet aspect doit être amélioré. De manière personnelle, je n’ai pas assez soigné mon image. Je me suis engagé pour le canton sans trop me soucier de ce qu’on pouvait penser de moi. Je serai plus attentif sur ce point.

– Garderez-vous la Santé en cas de réélection?

– C’est un dilemme. Ce serait logique, car j’ai acquis un bon niveau de compétence et qu’il faut deux mandats pour pouvoir donner le meilleur de soi-même. D’un autre côté, l’Economie va se libérer avec le départ de Bernard Soguel. C’est un challenge qui me titille. Je réserve ma décision: je dois d’abord être réélu.