Si les Suisses disent non à l'extension de la libre circulation, l'hypothèse la plus probable est qu'ils devront, à plus ou moins long terme... revoter sur le sujet. «L'UE donnera sans doute à la Suisse la possibilité de reposer la question», juge un expert helvétique. Concrètement, l'impact d'un non aboutira à des rétorsions européennes. Pas question pour l'UE d'accepter que deux de ses membres soient discriminés, même si la Bulgarie comme la Roumanie sont depuis leur accession la cible de nombreuses critiques de la Commission, notamment en matière de corruption et de déficiences de l'Etat de droit. «L'UE a maintes possibilités de nous taquiner, poursuit ce spécialiste. Elle mettra dans le frigo Schengen, suspendra les discussions en cours, etc. Tout cela peut durer des mois.»

L'idée d'un divorce brutal n'est en revanche pas jugée crédible. «Nos relations sont trop interdépendantes. On ne va pas tout remettre en cause, tout faire repartir de zéro.»