mobilité

La billetterie se met à l’heure numérique

Les guichets ne représentent plus que 7% des ventes de billets, les téléphones intelligents captant déjà 20% des achats. De nouveaux systèmes sont en cours de test

Alors que se multiplient les expériences de nouveaux véhicules, notamment automatisés, la billetterie des transports publics s’adapte, elle aussi, aux nouvelles habitudes des usagers. «Le passage aux canaux mobiles est très grand», a constaté la directrice de la division Voyageurs des CFF, Jeannine Pilloud, lors d’un récent forum consacré à la mobilité du futur. Le nombre d’abonnements généraux, demi-tarifs ou de parcours ne cesse d’augmenter. Quant aux tickets à l’unité, seuls 7% sont encore achetés au guichet. 54% sont prélevés dans un automate et 20% via une application smartphone, le reste étant imprimé sur un ordinateur.

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Deux apps, et deux modèles

L’importance des applications ne cesse de croître. Deux modèles se font concurrence: Lezzgo, développé par la compagnie BLS, et FairtiQ, œuvre conjointe des Transports publics fribourgeois (TPF), des Transports publics lucernois (VBL) et des Chemins de fer rhétiques (RhB). Alors que FairtiQ est valable dans les communautés tarifaires Frimobil, Passepartout (LU), STI (Thoune), Engadin Mobil, Ostwind (Suisse orientale), à Zoug et au Liechtenstein, Lezzgo est utilisable dans 11 communautés tarifaires, dont Mobilis (VD), Onde Verte (NE/JU), Frimobil et Libero (BE/SO). Ces offres s’adressent en premier lieu aux personnes qui voyagent occasionnellement en transports publics, ont un smartphone et ne possèdent pas d’abonnement communautaire ou général. FairtiQ fonctionne aussi avec l’Apple Watch.

Le fonctionnement des deux systèmes, en cours de développement, est assez proche. Dans les deux cas, il faut activer l’enregistrement au moment de monter dans un bus, un tram ou un train puis se déconnecter une fois arrivé à destination. Le consommateur n’aura à payer que le parcours réellement effectué via une carte de crédit, et cela, au trafic le plus avantageux disponible pour ce trajet. L’application FairtiQ envoie une notification automatique au voyageur qui aurait oublié de se déconnecter. Ce sont deux variantes du modèle nommé CICO, pour «check in, check out».

Pas d’obligation à la descente

Ce dernier point est d’ailleurs l’un des éléments de réflexion importants pour la billetterie du futur. Dans le cadre des tests effectués à Sion en 2016 par CarPostal, le Mobility Lab de la HES-SO Valais, la ville et le canton, un modèle CIBO, pour «check in, be out» ne nécessitant pas de signal à la sortie du véhicule a été expérimenté. L’encaissement se fait a posteriori, mensuellement et au meilleur prix. La déconnexion est automatique.

Le fait de ne pas devoir signaler la sortie du bus ou du train est un avantage apprécié par les clients. C’est plus confortable que l’obligation faite aux passagers des tramways d’Amsterdam d’annoncer leur sortie sur une borne installée à bord du véhicule. CarPostal s’est approché des CFF et du BLS pour créer un consortium de réflexion nommé TrioPlus, dont l’objectif est d’élaborer une norme suisse de détection automatique du voyageur autour des projets Lezzgo et CIBO.

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