La compagnie BLS (Berne-Lötschberg-Simplon) a de l’appétit. A l’occasion de sa conférence de presse bilan, son directeur général Bernard Guillelmon a confirmé l’intérêt de son entreprise pour décrocher des concessions longue distance sur le Plateau, sur des tracés qui font aujourd’hui partie du monopole des CFF. Elles relieraient Romanshorn-Zurich Aéroport-Zurich-Aarau-Berne-Brigue, Saint-Gall-Zurich Aéroport- Zurich-Aarau-Berne-Interlaken et Bâle-Olten-Berne-Interlaken.

Si la compagnie obtient ces concessions, elle offrira deux liaisons supplémentaires rapides entre Berne et Zurich qui faciliteraient l’accès des touristes aux stations de l’Oberland et du Valais. La compagnie BLS est en pourparlers avec les cantons et déposera une demande de concession d’ici à la fin du mois de septembre, annonce-t-elle. Les concessions grandes lignes doivent en effet toutes être renouvelées à la fin de l’année, à l’exception de celles de l’Arc jurassien (Lausanne-Neuchâtel-Bienne-Zurich-Saint-Gall, Genève Aéroport-Neuchâtel-Bienne-Zurich-Saint-Gall et Bienne-Delémont-Bâle), qui ne seront renégociées qu’en 2019.

Lire aussi: Bernard Guillelmon: «Le monopole des CFF n’est plus justifié»

L’offensive du BLS vise à compenser par des lignes rentables d’autres qui le sont moins et que le numéro deux du rail en Suisse compte enrichir. Le BLS envisage en effet de développer son réseau RegioExpress et d’introduire une cadence semi-horaire sur une série de liaisons raccordées à la ville de Berne. Cela concerne en particulier les axes Soleure-Berthoud-Berne-Fribourg-Bulle, Lausanne-Payerne-Morat-Berne-Langnau-Lucerne, Le Locle-Neuchâtel-Berne-Spiez-Brigue-Domodossola et Bienne-Berne-Thoune. Aujourd’hui, les rames gris-vert clair du BLS circulent déjà sur une partie de ces tracés. Mais, au départ de Berne, elles ne vont pas au-delà de Payerne, Fribourg et La Chaux-de-Fonds.

Bras de fer avec les CFF

L’extension des trains directs RegioExpress jusqu’au Locle, à Lausanne et à Bulle élargirait l’offre à la clientèle «grâce à des synergies», réduirait le besoin d’indemnisation du trafic régional ainsi que les temps de parcours, selon Bernard Guillelmon. Mais cette ambition a un coût, d’autant plus que certaines liaisons déficitaires exploitées par le BLS seront intégrées au réseau de base grandes lignes, selon la planification de l’OFT. C’est par exemple le cas de la ligne Berne-La Chaux-de-Fonds, qui a pourtant contribué à la hausse du trafic enregistrée par le BLS ces dernières années.

C’est donc un concept global que propose le groupe bernois: il est prêt à étendre son offre RegioExpress mais demande en contrepartie d’obtenir des concessions sur le trafic longue distance rentable. Le bras de fer avec les CFF est ainsi engagé. Le numéro un du rail a déjà calculé que les visées du BLS lui feraient perdre 100 millions de francs.

Sur le plan des chiffres, le BLS a réalisé un résultat de 15,6 millions en 2016 pour un total de charges d’exploitation hors amortissement de 764 millions. Le nombre de passagers a progressé de 4% (+2 millions) et a permis d’augmenter les recettes de 9,2 millions. Mais comme les indemnisations ont diminué de 12,2 millions, le transport des voyageurs a accusé une perte de 3,8 millions.