Deuxième compagnie ferroviaire du pays, BLS modernise sa flotte. Les vieilles compositions des années 1970 qui assurent aujourd’hui le service entre Berne et Neuchâtel seront remplacées dès lundi 10 mai par des rames ultramodernes qui répondent au nom chantant de Mika et n’ont rien à envier aux acquisitions les plus récentes des CFF.

BLS a commandé 58 trains au constructeur thurgovien Stadler, pour la somme de 650 millions de francs, ce qui représente le plus gros contrat de son histoire. Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie de développement de la compagnie bernoise, qui compte jouer dans la cour des grands. En 2019, elle a obtenu le droit d’exploiter deux lignes appartenant au portefeuille des CFF, soit Berne-Bienne et Berne-Olten, tout en conservant les droits de la liaison Berne-Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds.

La moitié de ces trains, très exactement 30, sont en mode RegioExpress. Climatisés et lumineux, ils comptent près de 200 sièges en deuxième classe et 46 en première classe, ainsi que des espaces multifonctions qui, selon les besoins et les saisons, offrent des sièges supplémentaires ou peuvent accueillir des vélos (il y a même des prises pour recharger les batteries), des skis, des poussettes ou des fauteuils roulants. Ils comprennent également un espace bar accessible à tous les voyageurs pour y prendre un café, une boisson ou un snack. Les automates acceptent la monnaie, les cartes et Twint.

La vie des pendulaires va changer… s’ils reviennent

Ces compositions desserviront dans un premier temps Neuchâtel, puis, dès que la ligne, fermée pour cause de travaux, sera rouverte en novembre, jusqu’à La Chaux-de-Fonds. Dès fin 2022, elles emprunteront aussi la ligne de faîte du Lötschberg en direction de Brigue et Domodossola ainsi que sur l’axe du Simmental jusqu’à Zweisimmen. «Nous avons d’ailleurs opté pour des fenêtres panoramiques afin de profiter du paysage», relève, non sans fierté, le chef de projet, Stefan Maurer. Les 28 autres rames sont réservées au trafic RER et seront mises en service à partir du 13 juin, d’abord sur la ligne Thoune-Berne-Langnau, puis sur les autres axes de trafic régional du réseau BLS.

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Grâce aux prises électriques installées à tous les sièges, grâce aux pupitres de travail dont sont également équipées les voitures de deuxième classe, les rames Mika vont changer la vie des pendulaires. Les vieux trains des années 1970, qui partiront au rebut, n’étaient pas adaptés aux ordinateurs portables et étaient dépourvus de prises de recharge. Mais une question demeure: les pendulaires vont-ils revenir? Avant la pandémie, les trains qui relient le pied du Jura à la ville fédérale étaient bondés. Depuis le début de la crise, les employés de la Confédération, qui représentent la plus grosse cohorte de pendulaires, sont en télétravail et le taux d’occupation des trains a très fortement chuté.