Parti socialiste

Bodenmann à Levrat: «Quand iras-tu enfin chercher des gens capables?»

L’ancien président du parti socialiste suisse Peter Bodenmann s’adresse à l’actuel dans une lettre ouverte parue ce matin dans plusieurs journaux. Il brise la solidarité partisane, remet en cause la politique européenne de Micheline Calmy-Rey et demande, à mots à peine couverts, le départ de Moritz Leuenberger.

Il y a péril en la demeure chez les socialistes suisses. Dans plusieurs journaux ce matin, notamment «L’Hebdo» et l’«Aargauer Zeitung», l’ancien président du parti socialiste suisse Peter Bodenmann s’adresse à l’actuel président, Christian Levrat, dans une lettre ouverte.

Comme il se doit entre personnes du même parti, l’auteur tutoie son destinataire. Mais les propos sont loin d’être amicaux. Le Haut-Valaisan revient d’abord sur un constat: le parti socialiste a perdu les dernières élections nationales. Ensuite, le parti a opéré un «fâcheux» changement de cap: «la social-démocratie a repris pour une bonne part les exigences de l’UDC concernant la sécurité intérieure. Or, l’adaptation n’a encore jamais payé», écrit Bodenmann, qui estime que les récentes défaites de son parti lors des élections cantonales (perte de sièges en Argovie et Soleure, manque de stratégie en Valais) accentuent encore ce constat. Ces défaites, pour l’ancien président, ne sont pas étonnantes, «car le parti - à quelques exceptions près - n’a pas encore bougé».

Puis ils attaquent les conseillers fédéraux socialistes: «Micheline Calmy-Rey a défendu le secret bancaire dans l’intérêt des banquiers privé genevois (...). Dans le fond, pas un seul thème central social-démocrate». A propos de Moritz Leuenberger: «Pendant son mandat, les pays de l’UE nous ont dépassés en matière d’environnement. Pour cette raison, presque plus personne ne prête au PS de compétence en matière d’écologie. Mais Leuenberger va rester vissé à son siège».

«Le secrétariat de PSS, au lieu de jouer le rôle de bras droit des deux conseillers fédéraux, ferait mieux de participer à les mettre sous pression. Pour que Micheline Calmy-Rey développe enfin une politique européenne raisonnable et que Moritz Leuenberger n’ait pas le loisir de continuer à faire des petites plaisanteries au lieu de faire de la politique».

Et la salve finale, à l’intention de Christian Levrat, destinataire de la lettre publique: «Quand iras-tu enfin chercher des gens capables pour assumer la direction du secrétariat du parti? Quand le parti remplacera-t-il le conseiller fédéral Leuenberger, depuis longtemps dépassé?». Et l’hôtellier haut-valaisan de conclure: «Après une défaite, on peut agir. on doit le faire. Et le plus tôt sera le mieux».

Plutôt que Levrat lui-même, c’est Pierre-Yves Maillard qui a dégainé le premier. Invité en direct, ce matin, du 7-8 de Pascal Décaillet, sur Radio Cité, à Genève, le conseiller d’Etat vaudois a répondu aux attaques de Peter Bodenmann sur la ligne actuelle du parti. Pierre-Yves Maillard a insisté sur la nécessité, pour le PSS, de se trouver des figures populaires et sur le travail à mener sur le terrain, avec la nécessité de résultats.

Pierre-Yves Maillard qualifie de «pollution de nos idées» l’ère sociale-libérale du PSS, lorsque Moritz Leuenberger s’opposait à lui sur la libéralisation du marché de l’électricité. En fin d’entretien, il a également relancé l’idée d’élire le Conseil fédéral au suffrage universel , en réaction à la longévité du socialiste zurichois.

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