Préservés par la glace, les éléments comme le bois, le textile, le cuir ou encore la chair humaine sont particulièrement fragiles dès qu’ils sont à l’air libre. Ils doivent donc être rapidement pris en charge pour éviter qu’ils ne se dégradent, explique l’archéologue cantonale Caroline Brunetti. D’autant que ces découvertes donnent énormément d’informations nouvelles.

Le froid conserve non seulement «la pointe des flèches mais l’entier de l’arme, voire parfois le carquois», illustre-t-elle. Parmi les découvertes les plus emblématiques de ces dernières décennies dans le canton du Valais figurent ainsi l’équipement du 3e millénaire avant J.-C. du Schnidejoch et la dépouille du «mercenaire» du début 16e siècle du col du Théodule.

Objets du quotidien

Mais il n’y a pas que les objets de prestige qui intéressent les archéologues du canton: les indications sur les voies de circulation – entre le Valais et Berne ou l’Italie mais également entre les vallées – sont tout aussi précieuses car elles permettent de comprendre la circulation des biens et des personnes à différentes périodes. «Ces passages n’ont pas toujours été les mêmes et ils donnent un tout autre visage du canton», souligne Caroline Brunetti.

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Grâce à l’application IceWatcher, les pratiquants de la montagne peuvent donc aider l’Office cantonal d’archéologie (OCA) à couvrir davantage de secteurs glaciaires susceptibles de livrer des vestiges archéologiques. L’outil liste par ailleurs «les comportements à adopter afin de garantir la conservation de ces témoins de notre passé», souligne l’OCA dans un communiqué.

Ne rien toucher

En cas de découverte, le premier réflexe à avoir est de ne rien toucher, comme le rappelle l’écran d’accueil de l’application. Tout signalement «se fait ensuite en trois étapes distinctes». La première consiste à sélectionner le type d’objet découvert parmi les options proposées. Il faut ensuite prendre une photo rapprochée avec un objet de comparaison (par ex. un couteau suisse) pour définir la taille.

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Enfin, un cliché plus large du paysage en indiquant à l’écran où se situe l’objet est nécessaire. Les données sont ensuite compilées, traitées et envoyées à l’OCA qui peut alors évaluer la pertinence des éléments révélés et engager les moyens nécessaires à leur collecte et conservation.

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Application Ice Watcher, disponible sur l’App Store, Google play, et sur le site du canton.