Les viticulteurs genevois attendaient la décision de l'Interprofession valaisanne de la vigne et du vin (IVV) avec appréhension. D'autant qu'en 2000, ils avaient limité leur production viticole pour désengorger le marché du chasselas, mais n'avaient été suivis ni par les Valaisans, ni par les Vaudois. Il en résulta une impression de «hara kiri» chez les vignerons du bout du lac. Aujourd'hui, ils sont soulagés.

Solidarité

Alors que les vignerons vaudois avaient déjà opté, cette année, pour une limitation de production (hormis le Lavaux), l'IVV s'est prononcée le 2 août dernier pour un plafonnement de la production de chasselas (1,2 kilo par m2) de la catégorie 1 comprenant les appellations d'origine contrôlée AOC. C'est la première fois que le Valais s'autolimite ainsi. Louis Serex, président de la Communauté interprofessionnelle des vins de Genève (CIVG) ne cache pas sa satisfaction: «La décision valaisanne est rassurante. Si la victoire n'est peut-être pas encore économique, elle est au moins psychologique. Car par cette entente intercantonale, on montre une solidarité entre vignerons suisses. C'est en tout cas une étape vers une gestion plus globale de la production, des stocks et par là du marché.»

Pour bon nombre de spécialistes de la branche, et notamment le vice-président de l'IVV, Philippe Varone, la solidarité intercantonale manifestée par les vignerons romands «est de bon augure pour la carrière de l'interprofession du vin». En prenant en main son destin, la viticulture émet un signe qui ne trompe pas: elle souhaite éviter que les politiques se chargent de prendre les décisions à leur place. Louis Serex a en tout cas bon espoir que l'Interprofession suisse du vin devienne forte et trouve les moyens de mener une promotion des vins suisses digne de ce nom afin de revaloriser leur image qui a passablement souffert ces dernières années face à la concurrence croissante des vins étrangers. Dans ce contexte, la motion du conseiller national genevois John Dupraz qui visait à instaurer une limitation nationale pourrait dès lors être mise en veilleuse. «Elle aura eu le mérite de susciter le débat», relève toutefois Louis Serex.

Bien que la vendange 2001 sera moyennement abondante à Genève, les plafonnements de production demeurent pertinents, selon le président de la CIVG. Dans l'optique d'une gestion plus centralisée, Louis Serex compte sur la réunion, le 20 août prochain, des chambres romandes d'agriculture avec le conseiller fédéral Pascal Couchepin. Pour que les vins suisses demeurent compétitifs.