L’élection au Conseil d’Etat valaisan a débouché dimanche sur un ballotage général. Le sortant Jean-Michel Cina (PDC) obtient le meilleur score mais échoue à 9550 voix de la majorité absolue. Pour la première fois de son histoire, le canton pourrait voir une femme accéder au gouvernement.

La participation a atteint 54,67 % voix. Jean-Michel Cina engrange 40016 voix. Il devance Maurice Tornay (PDC), 32528 voix, et Jacques Melly (PDC), 32084 voix. Le sortant radical Claude Roch réalise 29265 voix. Avec 26438 voix, la socialiste Esther Waeber- Kalbermatten pourrait être la première femme à accéder au gouvernement.

L’UDC Franz Ruppen n’est pas parvenu à se placer dans le quintette de tête, il récolte 18753 voix. Il précède la Verte Marylène Volpi Fournier, 16006 voix, et la chrétienne sociale du Haut-Valais Graziella Walker Salzmann, 14849 voix. L’indépendant Eric Felley, 8545 voix, atteint de justesse les 8% nécessaire pour éventuellement se représenter au deuxième tour.

Les partis se réunissent lundi soir pour décider de leur participation au deuxième tour. Le délai du dépôt des listes est fixé mardi à 17H00. Si le nombre de candidats est égal aux cinq sièges à repourvoir, l’élection se fera tacitement.

Le Conseil d’Etat actuel est composé de trois PDC, d’un radical et d’un socialiste. Au vu des résultats de dimanche, cette configuration pourrait être maintenue.

Or, un des enjeux de l’élection, le plus symbolique pour le Valais, réside dans l’élection d’une femme au gouvernement. Il n’en a jamais connue. Des trois candidates en lice, la socialiste de Brigue a tout de suite été donnée favorite. Elle a bénéficié visiblement dans les urnes de l’alliance objective qui s’est très tôt dessinée entre les partis gouvernementaux pour la succession de Thomas Burgener. C’est d’autant plus vrai que l’UDC haut valaisan Franz Ruppen, qui constituait la principale menace sur le siège socialiste, enregistre un écart important avec sa rivale.

Si chacun reconnaît que le temps et venu pour une femme d’accéder à l’exécutif cantonal, certains se désolent de ce «baise-main» entre partis, arguant qu’il se fait au détriment de la démocratie. C’est le cas d’Eric Felley, candidat indépendant, qui s’est frayé une place dans la campagne comme ambassadeur d’un «autre Valais», ouvert, moderne, moins abonné aux consensus entre partis qui conduisent à des élections convenues.