L'accord trouvé entre les CFF et les syndicats de la branche des transports montre la voie à suivre: c'est par la négociation entre partenaires sociaux que l'on trouvera des solutions adaptées à la réalité de chaque secteur économique. Le résultat obtenu constitue une percée réelle, puisque, outre le fait, anecdotique, qu'il représente une première suisse, le modèle des 39 heures paraît supportable aussi bien pour l'entreprise que pour le personnel. Il sauvegarde des emplois et offre des possibilités de flexibilité des horaires qui correspondent aux besoins d'une société de transports performante. C'est donc bien joué.

L'Union syndicale suisse a cependant tort de faire de cet accord sectoriel un argument en faveur de son initiative populaire sur les 36 heures. Car cette initiative souffre de deux défauts majeurs, l'un découlant d'ailleurs de l'autre. Premièrement, la durée du temps de travail n'a rien à faire dans la Constitution fédérale, car elle est étroitement dépendante de la situation particulière de chaque branche économique. Objectif justifié de toute société moderne, le partage du travail doit être discuté entre les partenaires sociaux. Deuxièmement, le principe proposé, soit 36 heures en moyenne sans contribution des salariés jusqu'à concurrence d'un revenu mensuel de 7200 francs, ne peut pas être imposé de manière uniforme à l'ensemble des entreprises du pays, même sous la forme d'une annualisation du temps de travail. L'initiative de l'USS paraît ainsi déconnectée de la réalité économique et ce n'est sans doute pas par hasard que la récolte des signatures se révèle difficile. B. W.