Toutes les couleurs politiques sont représentées dans le groupe venu présenter mardi à la presse ses recettes pour économiser 1,5 milliard de francs. Si le projet rejoint les propositions de Pascal Couchepin sur plusieurs points, il esquive l’impopulaire taxe de consultation.

Hausse de la quote-part

L’assuré qui se rend directement chez un spécialiste serait toutefois pénalisé. Idem s’il recourt à des soins ambulatoires hospitaliers non prescrits ou sans raison impérative. Dans les deux cas, l’assuré devrait payer 20% des frais de sa poche.

La quote-part resterait à 10% pour les généralistes, les pédiatres, les gynécoloques, les médecins travaillant en réseau avec responsabilité budgétaire et les cabinets assumant un service d’urgence. La participation aux frais hospitaliers passerait quant à elle de 10 à 15 francs par jour.

Franchises

Comme le ministre de la Santé démissionnaire, les parlementaires veulent que ceux qui recourent à des franchises à option ne puissent plus en changer que tous les deux ans. Ils vont même plus loin en exigeant que les personnes qui ont une assurance complémentaire ne puissent plus bénéficier de rabais de prime subventionné par l’Etat.

Les assurances de leur côté se verraient interdire de créer des provisions et de recourir à des appels téléphoniques pour démarcher de nouveaux clients. Mais elles ne rembourseraient plus les frais pour les certificats d’incapacité de travail jusqu’à trois jours. La facture devrait être partagée entre l’employeur et l’employé.

Prix des médicaments

A l’instar de Pascal Couchepin, le groupe entend faire baisser le prix des médicaments. Les caisses ne devraient plus rembourser que le prix du produit le meilleur marché pour autant qu’il ait les mêmes principes actifs.

Les prix des génériques devraient quant à eux être abaissés au niveau de ceux pratiqué à l’étranger. D’autres pays, aux tarifs plus bas, viendraient en outre allonger la liste de comparaison pour les produits protégés par un brevet.

Les parlementaires s’attaquent aussi aux médecins qui dispensent eux-mêmes des médicaments en réduisant leur marge de moitié. Celle des pharmaciens devrait reculer de 10 à 12%. Autre variante: reprendre le projet du ministre de la santé d’interdire ce genre de pratique, sauf pour les praticiens des régions périphériques ou travaillant en réseaux ainsi que pour les urgences.

Tarifs

Le groupe souhaite en outre donner à la Confédération la compétence de fixer les tarifs. Ceux des soins hospitaliers ambulatoires devraient être ramenés au niveau de ceux des cabinets médicaux. Les tarifs des prestations techniques, notamment les radiographies, devraient aussi être revus à la baisse.

En revanche, les généralistes travaillant dans des zones où l’offre médicale est faible devraient gagner davantage que les autres. D’une manière générale, la différence à l’intérieur du pays entre tarifs pour une même prestation ne devrait pas dépasser 10%.