La bouée de secours se nomme Hansjörg Walter. Agé de 60 ans, ce sympathique agriculteur thurgovien, marié et père de trois enfants, a été approché par la direction du parti pour sauter dans la brèche ouverte par la défection de Bruno Zuppiger. Conseiller national depuis 1999, Hansjörg Walter est aussi président de l’Union suisse des paysans depuis onze ans.

Hansjörg Walter? Ce nom évoque quelques souvenirs. En 2008, la gauche du parlement s’était entendue pour voter pour lui dans l’espoir d’empêcher l’élection d’Ueli Maurer. Et ça avait failli marcher: le Zurichois ne l’avait devancé que d’une toute petite voix.

Mauvais français

A l’époque, il n’était pas le candidat de l’UDC. Trois ans plus tard, il le devient et assure, très sérieusement, que «la fonction de conseiller fédéral m’a toujours attiré, car j’aime diriger et décider». Il n’a pas déposé sa candidature plus tôt car il était déjà candidat à la présidence du Conseil national, poste auquel il a accédé lundi dernier, élu par 185 voix sur 200. Le 14 décembre, il se fera remplacer par le président du Conseil des Etats, Hans Altherr (PLR/AR), pour conduire l’élection.

Il sera ainsi le colistier du Fribourgeois Jean-François Rime. Mais le tandem paraît fragile. Mauvais en français, Hansjörg Walter était nerveux jeudi et semble peu à l’aise dès qu’il sort du monde paysan. Quant à Jean-François Rime, son audition devant le groupe libéral-radical mardi dernier a laissé une impression mitigée. Plusieurs membres du groupe l’ont trouvé suffisant.

Pourquoi l’UDC n’a-t-elle pas repêché un des trois autres candidats alémaniques? «A situation extraordinaire, mesure extraordinaire», répond le chef du groupe, Caspar Baader. Hannes Germann (SH), qui n’avait récolté que cinq voix devant son groupe, a renoncé. Quant au conseiller d’Etat Heinz Tännler (ZG), qui avait échoué de peu contre Bruno Zuppiger, l’UDC aurait sans doute dû apporter la preuve que ses anciens mandats, notamment à la FIFA, étaient immaculés.