La droite genevoise s'est réveillée endolorie, au lendemain du scrutin municipal. Et les rancœurs de dimanche n'avaient pas disparu: les trois composantes de l'Entente se jetaient la pierre, que ce soit au sujet de la défection tardive du PDC sur un rapprochement électoral avec l'UDC, ou de la faiblesse du Parti libéral, toujours orphelin d'un président.

Le bal des culpabilités

Dans un communiqué matinal, les radicaux dénonçaient sèchement: «L'Entente souffre des difficultés actuelles de son leader naturel, le Parti libéral. C'est le cas en Ville de Genève, où l'affaiblissement libéral a freiné l'Entente et lui a interdit toute perspective de conquête d'un deuxième siège.»

De leur côté, les libéraux tenaient le PDC pour responsable de l'échec de la droite, qui n'est pas parvenue à conquérir un second siège en Ville de Genève. L'ancien président Olivier Jornot s'élève contre «le cirque» de la droite, et plus précisément du PDC, autour d'une éventuelle alliance avec l'UDC. «Nous devons nous demander s'il est normal que la politique de l'Entente soit dictée par l'aile gauche du PDC», disait-il à l'ATS.

Redéfinir les alliances

Mais que faire pour stopper l'érosion de la droite avant les élections fédérales de cet automne? D'abord, soulignent les radicaux, les libéraux doivent se rétablir. En tant que premier parti de la droite genevoise, ils influent sur l'ensemble de l'Entente. Ensuite, relève le désormais magistrat radical Pierre Maudet, libéraux et radicaux doivent franchir le cap de la fusion.

Plus délicate, la question cruciale du rapprochement avec l'UDC, pour que le scénario municipal ne se reproduise pas à Berne. Le libéral Olivier Jornot appelle à la tenue d'un «grand forum de centre droit, avec l'UDC et sans tabou». Soit la fin de la politique de l'autruche. Les radicaux approuvent. Reste à savoir comment se positionneront les démocrates-chrétiens, qui ne pourront plus changer d'avis à la dernière minute.