Si le monde des voleurs échappe à beaucoup de règles, il est en tout cas lui aussi régi par des modes. Mercredi soir, en effet, la famille du directeur de la banque Raiffeisen de Saint-Sulpice (NE) a été séquestrée pendant que le voleur se faisait ouvrir les coffres de la succursale. Il s'agit du troisième braquage avec prise d'otages en Suisse romande depuis un peu plus d'un mois.

Vers 21 h 30 mercredi soir, un homme cagoulé s'est rendu au domicile du gérant, à Buttes. Après avoir rapidement attaché l'épouse et deux connaissances de passage, il a forcé le directeur à l'accompagner à la banque, située à quelques kilomètres seulement. Quelques minutes et quelques dizaines de milliers de francs plus tard, l'homme a pris la fuite à bord du véhicule du banquier. Au même moment à Buttes, les otages avaient déjà réussi à se détacher, alertant aussitôt la police.

Trahi par son sac à dos

Une quarantaine d'agents et de gardes-frontière ont été dépêchés dans le canton. Le malfrat, un ressortissant suisse de 35 ans, a été interpellé à 23 h 50 à Neuchâtel alors qu'il descendait du dernier train en provenance du Val-de-Travers. «Il y a relativement peu de gens qui prennent ce train et nous avions son signalement. Il a été d'autant plus facile à repérer qu'il était le seul à porter un immense sac à dos», souligne André Duvillard, porte-parole de la police cantonale neuchâteloise, ajoutant: «Il s'agit vraisemblablement d'un amateur, un type un peu paumé qui a essayé de faire un coup.» Outre un 9 mm factice, une importante somme d'argent a été retrouvée dans son sac, mais les autorités ne savent pas encore s'il s'agit de la totalité du butin. Le voleur, qui serait sans domicile fixe, a été entendu hier après-midi par les autorités judiciaires.

Le 8 janvier, un scénario similaire, bien que plus professionnel, avait eu lieu au Credit Suisse de Nyon, de même qu'un peu avant Noël à à la Banque cantonale neuchâteloise de Boudry. «Avec les normes de sécurité actuelles, il devient impossible d'arriver au guichet et de dire «Haut les mains», note Guy-Charles Monney, porte-parole de la police vaudoise. Il est beaucoup plus simple de s'en prendre au personnel.» «Nous essayons de parer à ce genre d'événements avec des systèmes d'ouverture contraignants et en évitant de confier plusieurs clés à la même personne… L'être humain reste le point faible du système, surtout quand il est pris en otage avec sa famille», indique-t-on dans une grande banque de la région. Chez Raiffeisen néanmoins, les mesures de sécurité seront renforcées.