Bruno Zuppiger, ex-candidat UDC au Conseil fédéral, a démissionné ce week-end de la présidence de l’Union suisse des arts et métiers, l’USAM. Confronté à des reproches dans une affaire d’héritage, le conseiller national justifie son retrait par «le souci de préserver avant tout les intérêts de l’USAM ».

Le bureau du comité directeur de l’USAM avait discuté avec M. Zuppiger mercredi passé. Le comité directeur se réunira ce mercredi pour décider de la suite des opérations.

L’organisation faîtière des petites et moyennes entreprises (PME) a pris connaissance «avec regret» de la démission avec effet immédiat de Bruno Zuppiger et le remercie pour son engagement. Il s’est «engagé sans compter en faveur des PME de l’ensemble de notre pays et a fait valoir avec succès les préoccupations des organisation membres de l’USAM », écrit-elle.

L’organisation n’a pas exercé de pression sur Bruno Zuppiger pour le pousser à la démission, a indiqué le vice-directeur, Dino Venezia, interrogé par l’ATS. «Nous étions d’avis que cette décision lui appartenait», a-t-il précisé.

Mercredi, le comité directeur décidera s’il propose un de ses membres pour la succession ou si la procédure de recrutement va être élargie vers l’extérieur. Le nouveau président devra en tous les cas être de nouveau un membre du Parlement, mais pas forcément un UDC.

Bruno Zuppiger a été écarté au dernier moment de la course au Conseil fédéral après des révélations de la «Weltwoche». L’hebdomadaire alémanique a mis au jour une affaire de succession portant une somme de 265’000 francs qu’une défunte voulait léguer à deux associations d’utilité publique. Selon le journal, le conseiller national zurichois aurait tardé dans le versement, se serait versé des honoraires excessifs et aurait viré sur son propre compte une partie de l’héritage. Il aurait fait marche arrière après que les deux associations l’auraient menacé de poursuite. Après avoir retiré sa candidature pour le gouvernement, Bruno Zuppiger avait présenté ses excuses et reconnu qu’une faute a été commise.

Bruno Zuppiger avait été élu en mai 2010 à la présidence de l’USAM, succédant à un autre conseiller national, Edi Engelberger (PLR/NW). Début 2008, l’UDC avait critiqué la politique de l’USAM et réclamé davantage de poids dans les instances dirigeantes de l’organisation. Elle avait même menacé de créer une nouvelle organisation, mais les tensions se sont ensuite apaisées.