Lors de la première lecture, qui sert traditionnellement à se chauffer et à montrer ses muscles, la droite n'a fait aucune concession à la gauche lors du débat budgétaire vaudois. Les socialistes n'ont obtenu d'ouverture sur aucune des revendications auxquelles ils conditionnent leur vote. La majorité a voté en bloc la coupe de 30 millions dans les subventions aux EMS, l'enveloppe minimale pour les subsides à l'assurance maladie et la coupe de 15 millions dans l'aide sociale vaudoise.

«Crédit-relais» pour les EMS

La coupe dans les EMS suscitait des inquiétudes dans les rangs de la droite également, où l'on trouve nombre de directeurs ou d'administrateurs de maisons de retraite. Mais le conseiller d'Etat Charles-Louis Rochat a obtenu la confiance après avoir confirmé qu'un «crédit-relais» de 10 millions serait activé si les économies exigées se révélaient impossibles à réaliser en totalité par le secteur. «L'économie est supportable sur deux ans sans toucher à la qualité des soins», assurait de son côté le député libéral Pierre Rochat, président d'une association faîtière d'EMS.

La Commission des finances (Cofin), qui avait retouché le projet de budget en y ajoutant quelques coupes supplémentaires, a également été suivie par le plénum. Celui-ci procède ainsi, département par département, à la suppression de postes d'état-major. A ce stade, un seul amendement de la Cofin n'a pas été suivi, mais il est de taille. La conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon a réussi à sauver les deux millions que les commissaires prétendaient, sans justification particulière, couper dans le budget de l'Université de Lausanne. «L'université est loin d'être une vache sacrée, a souligné la ministre socialiste, au contraire elle a déjà passé par l'effort que l'on demande actuellement aux échelons inférieurs de l'enseignement.»

En quête d'une majorité

Pendant que le débat budgétaire se déroule dans l'hémicycle conformément au schéma attendu, les marchandages de coulisses se mettent en train tant bien que mal en vue de faire passer le budget au second débat. A ce stade, en effet, le projet ne dispose pas de la majorité qualifiée indispensable: la gauche le refusera en raison des coupes sociales et les libéraux ne veulent pas des hausses fiscales.

Le Conseil d'Etat cherche encore à trouver une majorité la plus large possible. Il n'exclut pas, semble-t-il, des concessions à la gauche et à la droite, même si l'issue la plus vraisemblable est un budget voté par le centre droit uni. S'agissant de concessions faites à la gauche, les radicaux seraient susceptibles de rétablir certains montants coupés dans l'aide sociale, en particulier le revenu minimum de réinsertion (RMR), que le projet de budget ramène au niveau plancher. Au sein de la droite, les pourparlers sont centrés sur les concessions fiscales. Les libéraux voudraient faire tomber l'augmentation de l'impôt sur les gains immobiliers, leur bête noire. Estimant au contraire que cette mesure est, des diverses hausses fiscales prévues, la plus acceptable socialement, les radicaux préféreraient obtenir du Conseil d'Etat une concession sur la fiscalité de l'épargne.