C'est un budget de fonctionnement 2009 déficitaire que Daniel Brélaz a présenté hier à Lausanne. Néanmoins, la situation économique actuelle pourrait influencer le résultat de l'exercice dans un sens ou dans l'autre. «Nous avons bouclé le budget à fin du mois d'août, en essayant de prendre en compte les différents scénarios possibles», tempère le syndic.

Avec environ dix millions d'excédent de charges, pour un total des revenus avoisinant le milliard et demi de francs, Daniel Brélaz ne se laisse pas aller au catastrophisme. L'Etat est cependant montré du doigt. Le cadeau fiscal accordé par le Grand Conseil aux familles et entreprises devrait coûter à la Ville environ dix millions de francs. «Nous avons tablé sur une diminution des recettes de huit millions de francs pour les personnes physiques et de deux millions de francs pour les personnes morales.»

La crise économique ne devrait pas avoir de conséquences sur la ville centre, mais Daniel Brélaz veut rester prudent. «L'impôt de l'UBS a été compté à zéro, alors que la BCV devrait s'en acquitter pleinement. L'un va compenser l'autre.» L'économie locale incarnée essentiellement par les PME ne devrait pas être inquiétée par les remous financiers. «L'agenda est complet dans la plupart d'entre elles», ajoute-t-il.

Grande absente de ce budget, la recapitalisation de la caisse de pension de la Ville. Un préavis est en cours d'élaboration pour lui venir en aide. C'est un montant oscillant entre quatre et huit millions de francs qui pourrait être injecté via les compléments au budget dès 2009.

Une baisse du bénéfice sur l'électricité

Les marges bénéficiaires sur le marché de l'électricité risquent de baisser. «C'est dû aux nouvelles prescriptions fédérales, qui favorisent les fournisseurs d'électricité au détriment des distributeurs qui ont la charge du maintien du réseau.» Quant au gaz, une hausse des prix est à prévoir, mais les charges devraient être répercutées sur les consommateurs.

Autre facteur d'explication du déficit, l'augmentation de la masse salariale. L'administration compte augmenter l'effectif d'environ 60 postes à plein temps. En outre, les annuités qui avaient été partiellement gelées en 2004 seront intégralement versées dès 2009 avec un taux d'inflation se situant à environ 2%.

La marge d'autofinancement de la commune est évaluée à environ 100 millions de francs. Mais ce montant reste encore insuffisant en prévision des gros travaux à entreprendre. Il manque un peu moins de 24 millions pour les rénovations de l'Opéra, du collège de Villamont et du réseau de distribution d'électricité.

Un mauvais budget pour le camp bourgeois

Pour Marlène Bérard, présidente de LausanneEnsemble (radicaux, libéraux, PDC), ce budget n'est pas bon. «Une fois encore, il n'y a pas de gestion de la dette. Aucun frein à l'endettement n'a été envisagé. Il est à prévoir que le taux d'intérêt augmente, on peut donc s'attendre à une flambée des charges.»

Malgré le déficit, le budget 2009 est dans la ligne de ceux présentés ces dernières années. Les comptes 2006 et 2007 avaient été clôturés sur un léger bénéfice. «On se demande s'il n'y a pas une volonté municipale de présenter un budget déficitaire qui, au final, débouche sur un bénéfice. Il est ainsi possible de prétendre à une bonne gestion des finances», poursuit-elle. Le groupe LausanneEnsemble prendra officiellement position sur le budget mardi et décidera de la stratégie à adopter. «Nous comptons faire entendre nos critiques, mais il y a peu de chances que nous nous y opposions», conclut-elle.