Finances fédérales

Le budget 2017 de la Confédération sauvé du naufrage

Le Conseil national repêche le budget qu’il avait coulé il y a une semaine. Le PS maintient son opposition mais l’UDC s’abstient

Le Conseil fédéral n’aura pas besoin de préparer en catastrophe un budget urgent pour l’année 2017. Il pourra travailler avec celui qu’il a transmis au parlement. Il l’a repêché mercredi par 81 voix contre 52 et 65 abstentions. Si les socialistes ont maintenu leur opposition, l’UDC a décidé de s’abstenir mais elle demande à être mieux entendue pour la préparation des exercices comptables suivants.

Lire aussi: Le budget fédéral dans la tempête

«Il est choquant de voir les dépenses de la coopération au développement et de la formation croître aussi rapidement. Par ailleurs, il faudra procéder à une analyse des dépenses liées, sur lesquelles nous avons peu d’emprise. Dans les conditions actuelles, il n’est pas acceptable de présenter un budget déficitaire de 254 millions de francs. Il faudra faire des économies de 1,5 milliard ces prochaines années et nous demandons que ce travail se fasse de manière constructive avec l’UDC», martèle Thomas Aeschi (UDC/ZG).

Le Conseil national a ainsi campé sur ses positions et confirmé toutes les décisions prises la semaine dernière avant de, finalement, rejeter le budget par la conjonction des voix défavorables de l’UDC et de la gauche. Le National ayant confirmé sa volonté de couper 50 millions dans les dépenses de personnel et de réduire de 344 millions l’enveloppe du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), le PS a confirmé son refus du budget.

Asile et personnel

Les appels lancés par Daniel Brélaz (Verts/VD) n’ont pas été entendus par les camarades. «Il est illusoire de croire que ce qu’on refuse aujourd’hui sera mieux demain. La pire des situations est de ne pas avoir de budget et de bricoler toute l’année», a-t-il plaidé. Mais comme l’UDC a changé de position, la Confédération va finalement échapper au budget urgent.

Les montants définitifs devront encore être clarifiés lors de la procédure d’élimination des divergences entre le Conseil national et le Conseil des Etats. Il y a désaccord entre les deux Chambres sur plusieurs positions: coupes transversales dans l’administration et les charges de personnel, dépenses pour les centres d’enregistrement et l’aide sociale dans le domaine de l’asile. Sur ce dernier point, le Conseil national rejette l’approche du Conseil fédéral, qui consiste à considérer une partie des coûts de l’asile (400 millions) comme des dépenses extraordinaires sans influence sur le respect de la règle du frein à l’endettement. Le Conseil des Etats avait de son côté partagé la vision du Conseil fédéral.

Publicité