Genève peut être un modèle, a les moyens de se payer un Etat social avancé, et qu'importe le déficit. Jeudi, dans une conférence de presse, l'Alliance de gauche a réagi au report du vote du budget 2004, par la voix du député Souhail Mouhanna. Au moment où les prévisions avaient été refusées par le Grand Conseil et retournées au gouvernement, le déficit s'élevait à 550 millions de francs. Un chiffre que Souhail Mouhanna revoit sans autre à la baisse. Les recettes auraient été sous-évaluées à hauteur de 100 millions de francs. Mais pour l'Alliance de gauche, l'important n'est pas là. Elle juge mesquin le débat autour du déficit. De son point de vue, le canton n'est pas dans une position qui lui permet de réduire les acquis sociaux. Pour elle, les péripéties qui précèdent l'adoption du budget 2004 s'inscrivent dans un débat où la droite veut réduire les prestations sociales de l'Etat et son personnel: selon les calculs de l'ADG, le nombre de fonctionnaires des services sociaux a été amputé de 1000 personnes entre 1991 et 2003 pour une augmentation sur la même période de 60 000 habitants dans le canton. Et le recours aux 12es provisoires n'est qu'une façon de prolonger cette pression. L'ADG répète qu'il n'y a pas une crise des charges mais une crise des recettes. Comme chacun sait, les recettes provenant pour l'essentiel des impôts, pour maintenir un Etat fort dans le domaine social, il faudrait donc augmenter ces derniers.

Pour l'heure, l'ADG ne se fait pas d'illusion. Elle s'attend à une pression redoublée des partis bourgeois. Dans cette perspective, elle se fait menaçante et prévient: elle usera autant que possible du recours aux référendums, aux initiatives et aux droits syndicaux, pour s'opposer à la politique de droite qu'elle pressent. Elle ne manquera pas de le répéter lors de la journée de mobilisation générale agendée au 8 mars prochain.