«Responsable, prudent et même prévoyant.» C'est le projet de budget 2009 du canton de Vaud - qui prévoit 9 millions d'excédent de recette - qualifié par son président, le conseiller d'Etat radical Pascal Broulis. Si tous les partis ont accepté hier d'entrer en matière sur le texte préparé par le gouvernement - mis à part les cinq députés d'A Gauche toute! -, les formations politiques ne se sont pas privées de distribuer les bons et les mauvais points.

«Ce budget s'arrête en chemin et il ne nous satisfait pas complètement», a dit le socialiste Grégoire Junod. Le parti à la rose s'étonne que le bénéfice prévu tourne autour des 10 millions pour la troisième année de suite alors que les deux derniers exercices comptables étaient très largement bénéficiaires - proche du milliard de francs brut pour 2007.

Le PS veut plus de policiers

Si les socialistes s'avouent satisfaits de voir 218 postes supplémentaires attribués au Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (+2,3%), ils s'inquiètent du manque d'effectifs du côté de la police cantonale et ont vainement tenté, via un amendement, de proposer six postes de gendarmes supplémentaires.

Alors qu'il y a une année tout juste elle avouait avoir besoin de 100 postes de policiers de plus, la cheffe du Département de la sécurité et de l'environnement (DSE), Jacqueline de Quattro, a combattu cette proposition car «le budget est un tout et il n'est pas question de remettre en question cet équilibre». De plus, la radicale a promis que le projet préparé par la plateforme canton-communes sur la réforme policière était sur le point d'être communiqué. Inutile de créer de nouveaux postes avant de savoir de quoi la police sera faite, a estimé une majorité de députés, rejetant l'amendement socialiste. Ces derniers arriveront tout de même à créer deux postes supplémentaires au Service de l'environnement et de l'énergie par deux petites voix d'avance en toute fin de débat.

Pas assez d'investissements

A droite, tandis qu'en véritable clone de Pascal Broulis, le radical Frédéric Borloz saluait le budget du grand argentier comme étant «le fruit de la politique consensuelle et collégiale du Conseil d'Etat», le libéral Jean-Marie Surer oscillait entre louanges et critiques: «On engage, on assainit les finances, on augmente les dépenses, on baisse les impôts, on fait tout, on rattrape tout dans ce budget plein de vertus», s'est exclamé le vétérinaire. «Mais c'est un budget établi par beau temps et fait pour le beau temps. On ne peut pas avaler les 280 postes supplémentaires prévus», a encore prévenu le libéral, qui a annoncé plusieurs amendements visant à réduire ce chiffre.

Rejoignant par là les socialistes, le chef du groupe libéral a aussi regretté la «politique beaucoup trop timide» en matière d'investissement - 290 millions prévus (+ 34,9%). Pour Jean-Marie Surer, le Conseil d'Etat ne mène pas une politique assez volontariste en la matière.

Sans surprise, les Verts ont critiqué le manque de moyens destinés à l'environnement et aux énergies renouvelables. «Il faut se donner les moyens d'investir dans le long terme», a dit l'écologiste Sandrine Bavaud. Les débats reprennent aujourd'hui.