La plus grosse fusion de communes du canton de Fribourg a passé la rampe. Les législatifs de Bulle et de La Tour-de-Trême ont en effet accepté cette union à une large majorité. Approuvé par l'ensemble des groupes politiques, ce mariage «d'amour» ou «de raison» a même fait l'unanimité à Bulle. Si les discussions ont été plus longues à La Tour-de-Trême, la fusion a tout de même passé la rampe par 39 voix pour, 10 contre et une abstention. La nouvelle unité administrative regroupera environ 16 000 citoyens. La fusion sera effective le 1er janvier 2006. A moins qu'une partie de la population ne combatte le projet. Si 10% des citoyens de chaque commune attaquent la décision de leur législatif respectif, un vote sera alors organisé le 26 septembre prochain. Une échéance qui serait attendue «avec sérénité», comme l'a affirmé le syndic de Bulle, Jean-Paul Glasson.

Un dossier bien ficelé

La nouvelle commune s'appellera ainsi… Bulle. Mais La Tour-de-Trême conservera son nom sur la signalisation routière. Un Conseil général de 50 membres va ainsi remplacer les deux législatifs actuels de 50 membres. Du côté de l'exécutif, un Conseil communal de 9 membres remplacera les deux exécutifs de 9 membres. La réunion des deux cercles électoraux ne s'effectuera pourtant que cinq ans après l'entrée en vigueur de la fusion. Ce n'est donc qu'en 2011 que Bulle et La Tour ne formeront plus qu'un.

Cet élan pour la fusion repose sur un dossier bien ficelé par les autorités politiques. Le projet démontre en effet une série d'avantages objectifs au mariage entre les deux administrations. Avec la fusion, des économies d'échelle de 3,5% seront ainsi réalisées. Du côté des prestations offertes à la population, les experts mandatés de l'IDHEAP et le bureau Compas, de Neuchâtel, qui ont accompagné tout du long le projet, estiment qu'elles vont augmenter de 2,4% d'après les scénarios les plus prudents. Selon les chiffres 2002, le budget cumulé des deux communes avoisinera les 80 millions de francs.

Coefficient d'impôt revu

La question du personnel administratif devrait également se résoudre sans douleur, ou du moins sans licenciement. Il y a 100 équivalents plein-temps au total dans les deux administrations. L'analyse des départs à la retraite entre 2002 et 2010 va permettre de plancher sur une diminution naturelle du personnel de 30%.

Bien souvent pierre d'achoppement dans les processus de fusion, la question des impôts a également été résolue de manière pragmatique, en intégrant dans la réflexion les avantages et désavantages offerts par les deux communes. Le coefficient d'impôt sur le revenu et la fortune des personnes physiques et morales a ainsi été aligné sur la commune la meilleur marché, soit celle de Bulle avec ses 0,85 (coefficient actuel à La Tour-de-Trême: 0,9). A contrario, le taux des contributions immobilières s'alignera sur la commune de La Tour avec ses 2‰ (taux actuel à Bulle: 2,5‰).