FRIBOURG

Bureau des autos, une réussite fribourgeoise

L'Office de la circulation fête ses 10 ans d'autonomisation avec le sourire.

Roland Klaus est un patron heureux. Et très fier de son entreprise. A la tête de l'Office de la circulation et de la navigation (OCN) du canton de Fribourg depuis 1990, il a présenté mercredi avec le sourire un bilan qui ne manquera pas de susciter de l'intérêt du côté de Lausanne: celui des 10 ans d'autonomisation de l'ancien «Bureau des autos».

Il faut dire que les chiffres sont éloquents. Depuis le 1er janvier 1997, date à laquelle l'établissement est passé du statut de service étatique à celui d'entreprise autonome de droit public, le bénéfice s'est envolé de 1,5 à 3,3 millions de francs annuels (pour un chiffre d'affaires de 16,6 millions). Cela permet à l'OCN de verser 2 millions par an à L'Etat. Quant à la dette de 9 millions, elle s'est muée en un capital propre de 9,3 millions.

Un quart d'heure par auto

«Ces bons résultats s'expliquent par l'accroissement de notre productivité, qui est de loin la plus haute de Suisse dans ce domaine. N'allez surtout pas croire que nous imposons des tarifs rédhibitoires. Au contraire: ils figurent parmi les plus avantageux du pays», s'enthousiasme Roland Klaus.

La comparaison entre les différents offices cantonaux de circulation est, il est vrai, significative. Avec près de 4000 véhicules contrôlés annuellement par un seul expert, Fribourg plane au-dessus de la moyenne helvétique qui atteint péniblement les 2000 voitures. L'OCN a mis en place un système implacable. Chaque contrôleur dispose d'un quart d'heure par auto, contre 20, voire 25 minutes ailleurs. Première experte diplômée de Suisse romande, Sabrina Schafer estime que ce laps de temps est suffisant: «Au début, c'est un peu stressant, mais on s'habitue très vite à ce rythme», confie-t-elle, entre deux expertises.

Roland Klaus estime également que l'autonomisation a favorisé une «gestion plus dynamique et plus souple». «Avant, l'Etat limitait au maximum les investissements. Une fois libérés de sa tutelle, nous avons pu créer deux antennes à Domdidier et à Bulle, qui complètent à merveille le site principal de Fribourg», relève-t-il.

Comme actuellement dans le canton de Vaud, la «privatisation» avait engendré des craintes à Fribourg. Celles-ci sont désormais oubliées, d'autant plus que l'OCN a créé 19 postes supplémentaires en dix ans. Roland Klaus souligne par ailleurs que le système de bonus salarial alloué selon un objectif à atteindre est fort apprécié des employés. Excepté en Suisse centrale, où un office autonome travaille pour Obwald et Nidwald, Fribourg reste pour l'instant le seul canton de Suisse à avoir sorti ce service de son administration.

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