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Le bureau bernois du stalking

Pris sur le fait, le conseiller national Yannick Buttet a eu en novembre dernier une conduite qualifiée de «stalking». La ville de Berne dispose d'un bureau spécial pour aider celles et ceux qui en sont victimes

Contrairement à l’Autriche ou à l’Allemagne, le stalking, qui désigne le fait de «persécuter, harceler ou menacer une personne intentionnellement et de façon réitérée», ne constitue pas en Suisse une infraction pénale en tant que telle. En 2010, la ville de Berne ouvrait pourtant le premier service de conseil de Suisse s’adressant directement à ses victimes. A l’aune du cas Yannick Buttet, Le Temps s’est entretenu avec sa porte-parole, Brigitte Knüsel.

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Le Temps: Le centre de conseil du stalking bernois est l’unique service de ce genre en Suisse: qu’est-ce qui a motivé sa création?

Brigitte Knüsel: Avant 2010, il existait déjà un bureau spécialisé dans le traitement des violences conjugales, dont le but premier était d’accompagner les victimes à la suite d’interventions policières. C’est dans le cadre de ce mandat que nous avons réalisé qu’après la dissolution d’un couple, les violences entres anciens partenaires ne prenaient souvent pas fin mais perduraient sous la forme de stalking. C’est ce constat qui a mené à notre création. Aujourd’hui, nous traitons pour moitié de cas de stalking après-rupture, l’autre moitié concernant d’autres types de stalking, notamment les cas où le harceleur invente une relation qui n’a jamais existé.

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– Le stalking ne constitue pas une infraction pénale en Suisse, pourquoi créer un bureau qui se concentre sur ce phénomène?

– C’est justement parce que ce comportement n’est pas condamnable en tant que tel que notre bureau est nécessaire. Se focaliser sur le stalking nous a permis de devenir des spécialistes, de participer à des formations continues à l’étranger et, grâce à cette expertise, de développer nos propres méthodes de consultation. Celles-ci ont ensuite été mises à disposition d’autres services en relation avec des victimes de harcèlement, dont la Police cantonale bernoise. En l’absence d’infraction pénale spécifique, notre bureau permet d’aiguiller les victimes sur les possibilités de porter plainte en invoquant d’autres articles du code pénal, comme l’utilisation abusive d’une installation de télécommunication, la menace, la contrainte ou les dommages à la propriété. Faire du stalking une infraction pénale simplifierait toutefois grandement son combat. Cela permettrait également la création de statistiques, pour l’heure inexistantes, afin de chiffrer l’étendue du problème en Suisse.

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– Votre centre existe-t-il pour répondre à un nouveau phénomène?

– Le stalking n’est pas nouveau. Les possibilités de harcèlement se sont toutefois étendues avec les innovations technologiques modernes. De 30 cas de stalking en 2012, nous sommes passés à 125 en 2017.


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