Sur la place des femmes en politique, le PDC valaisan a désormais des idées bien arrêtées. Quitte à pratiquer, comme ces trois derniers jours, le sain principe de la douche écossaise.

Premier acte: samedi, à Vollèges, le PDC organisait un séminaire et des ateliers, dont l'un animé par la rédactrice en chef de Saturne, Ariane Dayer, pour mettre enfin le problème sur la table: «Elire les femmes, souhait ou réalité?» Le Valais est en effet, en matière de représentation féminine, l'un des cantons les plus mal lotis, à tous les niveaux. La situation est particulièrement difficile pour, justement, les femmes du PDC, systématiquement condamnées, par quelque mystérieuse alchimie, à finir en queue de listes, loin derrière les mâles ténors.

«De la volonté»

A l'issue de cette journée, la secrétaire générale du PDC, Fabienne Luyet, annonçait, dans un communiqué, le résultat des travaux et cogitations: pour que les femmes «non seulement s'engagent sur la liste, mais surtout pour qu'elles soient élues», il faut «une réelle volonté du parti», chacun devant, «à quelque échelon qu'il soit, prendre ses responsabilités, en commençant par les présidents de section». Mais, toujours selon les travaux de Vollèges, les femmes, de leur côté, doivent fournir un certain effort, à savoir manifester «une volonté de s'intégrer dans le système politique actuel.»

Deuxième acte: hier matin, devant le Grand Conseil, la députée PDC Margrit Picon-Furrer déposait un postulat demandant une extension du mandat du bureau de l'égalité «aux jeunes couples et aux familles». Postulat accepté et promis à un bel avenir, puisqu'il entérine un vieux fantasme du ministre PDC Jean-René Fournier, dont les convictions traditionnelles en matière de famille sont bien connues.

La gauche, par la députée Marcelle Monnet-Terrettaz, a fait remarquer «qu'élargir le mandat du bureau sans augmenter son budget ni le nombre de ses collaborateurs» revenait à «le priver de sa fonction première, la défense de la cause des femmes et le partage du pouvoir entre hommes et femmes».

En vain. Fabienne Luyet et le PDC ont sans doute raison: l'émergence des femmes en politique est une affaire de volonté des partis. A voir, cependant, les députés PDC voter comme… un seul homme pour la transformation du bureau de l'égalité en bureau de la famille, et les radicaux s'abstenir, plus massivement que courageusement, on peut penser qu'en Valais, la promotion des femmes en politique est encore plus près du souhait que de la réalité.