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Jeanine et Richard Parmelin, les parents du conseiller fédéral, et son frère Christophe.
© LAURENT GILLIERON

Portrait

À Bursins, la fierté d’être un Parmelin

Les racines de Guy Parmelin sont ancrées à Bursins, un village viticole vaudois de 800 âmes qui a vu grandir son élu. Mercredi, la fierté de ses habitants s’est reflétée dans les verres de Chasselas qui ont été trinqués

Mardi soir à Bursins, alors que se tenait le dernier conseil communal de l’année, les esprits et les cœurs étaient tournés vers la Berne fédérale. Autour de la fondue pourtant, les pronostics étaient plutôt pessimistes. «On avait du mal à y croire et ce, jusqu’au deuxième tour mercredi matin», avoue Sylvie Humbert, municipale représentant l’autorité pendant que le syndic Philippe Parmelin est à Berne pour soutenir l’autre Parmelin. Car les Parmelin étant bourgeois de Bursins, la commune en compte presque autant que ses pieds de vignes.

Dès la proclamation des résultats mercredi, l’aubergiste Jean-Michel Colin a sorti tables et bouteilles sur la place du village. Les cloches de l’Église envoyées en rénovation, ce sont les verres de blanc que l’on a fait tinter. Parmi les fidèles, une branche de gui accrochée symboliquement à la poitrine, se trouvent les amis d’enfance de Guy Parmelin, ses anciens collègues du conseil général ou de l’Union suisse des arts et métiers (Usam) et des partisans de la section UDC du district de Rolle. Qu’ils partagent ou non ses opinions politiques, tous sont admiratifs. «C’est un type apprécié de partout, car il est très modéré et c’est ce qui fait sa force», évoque son ami vigneron Daniel Michon. «Guy, c’est un meneur!», lance Jean-Jacques Hauswirth, un autre Bursinois. «Il dit et les autres font. Lorsqu’il est en session à Berne, il dirige l’exploitation agricole à distance».

Le domaine familial est aujourd’hui aux mains de Guy Parmelin (56 ans) et de son frère cadet Christophe (53 ans). Il se trouve en contrebas du village et pour y parvenir il faut traverser l’autoroute. La propriété regroupe des entrepôts, une maison habitée par les parents Richard et Jeanine et une seconde, partagée par les deux frères. Dans le petit logis tout est simple; la décoration est coquette, soignée mais sans artifice. La vue donne sur les trente hectares de champs de maïs, colza, tournesol, orge et blé dont s’occupe Guy. Christophe, lui, gère les vignes. Il a élevé ses deux bambins seul, à l’étage, le rez est occupé par Guy et son épouse Caroline qui, eux, n’ont pas eu d’enfant.

Une famille hébétée

Un conseiller fédéral dans la famille, les Parmelin n’arrivent pas encore à y croire. «On vient de lui parler au téléphone», déclare Richard, le père, bouleversé. «Il n’avait toujours pas eu le temps de manger, alors qu’il est bientôt 14h!» Son frère aussi est ébranlé. «Je joue au foot et j’ai l’habitude que rien ne soit joué avant que la partie ne soit finie», décrit-il. «Dès qu’il rentrera, on discutera du futur de l’exploitation. Jusqu’à présent, il y passait 20% de son temps et versait son salaire de conseiller national dans le pot commun de la société».

Le mercredi après-midi des Parmelin à Bursins est consacré aux visites des amis, venus les féliciter. L’occasion de ressortir de vieux souvenirs. «Enfant, mon fils avait une mémoire fantastique», déclare Richard qui fêtera ses 80 ans en janvier. «À quatre ans, il suffisait qu’il entende une fois les paroles d’une chanson française pour qu’il l’entonne ensuite, d’un bout à l’autre, sans faute».

À la fin de sa scolarité obligatoire, Guy Parmelin, à la surprise de ses parents décide de poursuivre ses études au gymnase. Mais au bout de quinze jours, il leur dit que c’est décidé, il sera paysan. «Je crois que le fait d’aller à la ville, à Lausanne, lui a fait réaliser à quel point il aimait la vie agricole», décrit son père. Consciencieux, le futur agronome passe toutefois sa maturité avant de suivre le cursus de l’école agricole de Marcelin en 1979.

Une passion politique

La politique prend très tôt une place centrale dans la vie du nouvel élu. À dix ans déjà, il suivait avec passion les votations tant communales que cantonales, en discutait à table avec son père, membre du Parti des Paysans, Artisans et Indépendants (PAI) et avec son oncle Maurice Parmelin, alors député vaudois. «Il y a trente-cinq ans, mon frère avait déjà prévenu le syndic: un jour mon neveu sera conseiller fédéral», se souvient Richard en souriant. «Notre médecin de famille me disait qu’il lui faisait penser à Rudolphe Minger, un autre paysan devenu conseiller fédéral». Alors, dès qu’il entre au parti, «sa motivation lui vaut rapidement une place de leader». Puis «presque malgré lui», il entre au Grand Conseil en 1994 puis à Berne en 2003.

La pression qui va de pair avec les nouvelles responsabilités de son fils n’effraie pas le père. «Guy est un gars solide. Pour qu’il soit stressé, il faut y aller! Même lorsque toute la droite lui en voulait après son refus du Conseil d’État en 2011, ça lui coulait dessus. Il me disait qu’il continuerait à mieux défendre les intérêts de la paysannerie à Berne qu’au canton».

Au milieu de la table trône une bouteille de chasselas Guy et Christophe Parmelin, propriétaires à Bursins. Seules deux mille bouteilles sont commandées à la société Schenk, les frères n’étant pas encaveurs. Sur l’étiquette, ce proverbe: Du pain, du vin, de Bursins… Mais soyez malin, buvez du «Parmelin»!

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