Mobilité

Les bus autonomes face à de nouveaux défis

Alors que la navette autonome de Fribourg s’apprête à être mise en circulation, CarPostal effectue de nouveaux tests. Les adaptations législatives donnent le vertige à l’administration

L’aventure du bus autonome jaune entre dans une nouvelle phase. En service depuis quinze mois en ville de Sion, le mini-car postal électrique sans conducteur va continuer de sillonner les ruelles, mais d’autres tests vont se développer en parallèle, a annoncé CarPostal mardi.

En vidéo: la circulation du bus ce mardi 12 septembre 2017.

Sur un site fermé du quartier bernois de Stöckacker appartenant à l’entreprise, de nouvelles fonctions vont être expérimentées, en particulier la lecture des feux de signalisation, les var

Le bus autonome, premier bilan Le bus de La Poste circule depuis quinze mois à Sion. De nouveaux essais pilotes vont être réalisés.

iations de vitesses et la commande d’arrêt par smartphone, explique le directeur général, Daniel Landolf.

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CarPostal a commandé deux études pour déterminer le degré d’acceptation de ces bus qui circulent à l’aveugle mais sont pilotés et contrôlés par un GPS, des caméras et des capteurs sophistiqués. Elles ont été menées par l’association GIM Suisse et la HES-SO du Valais.

Des navettes perçues comme innovantes

Ces deux sondages révèlent que les SmartShuttles de Sion sont connus au-delà du Valais et sont perçus comme innovants. Les personnes qui ont emprunté les navettes sédunoises ont un état d’esprit plus positif à leur égard, qu’il s’agisse de la sécurité ou de l’utilité. Comme elles circulent sur un périmètre urbain relativement court de 1,5 kilomètre à une vitesse extrêmement lente, leur véritable utilité ne saute pas aux yeux de tout le monde.

Ainsi, l’enquête de la HES-SO conduite par le professeur Florian Evéquoz montre que les usagers potentiels aimeraient les voir effectuer de «vrais trajets» autour de Sion, en direction de l’aéroport, de l’hôpital ou des châteaux. Mais la pente est sans doute trop raide pour ce dernier parcours.

Conseil fédéral compétent?

L’irruption des véhicules autonomes est par ailleurs un casse-tête pour l’Office fédéral des routes (Ofrou). Son vice-directeur, Erwin Wieland, confirme que l’arsenal législatif devra être adapté. Cela concerne la loi sur la circulation routière, les procédures d’homologation, les autorisations de conduire, la responsabilité pénale, la responsabilité civile, les assurances, la protection des données.

Comme tout va très vite, il imagine que certaines compétences puissent être directement dévolues au Conseil fédéral. «Nous devons être armés face aux changements, qui sont très rapides. Si l’on doit suivre les procédures politiques ordinaires, il faudra trois à cinq ans», avertit-il, en soulignant que la décision de conférer des pouvoirs directs au Conseil fédéral relève de la politique.

Dans l’immédiat, une autre navette, celle des Transports publics fribourgeois (TPF), s’apprête à prendre la route le 22 septembre entre Marly et l’ancien site d’Ilford, avec un mois de retard sur le calendrier initial. Les délais requis pour l’homologation de l’équipement technique et l’autorisation de circuler expliquent ce décalage, justifie le porte-parole de l’entreprise. De nombreux tests grandeur nature seront effectués d’ici à l’inscription de cette ligne à l’horaire en décembre.

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