Il y avait l’envie, le financement, le soutien politique et un beau projet. Un nouveau Musée, agrandi, rayonnant. C’était hier. Aujourd’hui, il n’y a plus rien. Plus de projet, plus de financement. Et même plus de consensus pour offrir un nouveau souffle au vieux musée.

L’enthousiasme des partisans n’a rien pu faire contre une opposition protéiforme et résolue. Le peuple a parlé, il est souverain, il a dit non. Une fois de plus, dans un canton qui n’en finit pas de tourner en rond, les citoyens ont plébiscité l’immobilisme.

Jean-Claude Gandur, son argent et ses collections, Jean Nouvel et sa verrière: autant de corps étrangers officiellement indésirables à Genève. Bâle, Lausanne ou Madrid se frottent les mains? Tant mieux pour elles, mais pas de ça chez nous!

Les vainqueurs du jour promettaient jusque-là qu’ils avaient un plan B. On organiserait un autre concours, on choisirait un autre projet, on trouverait d’autres mécènes. Le discours a changé. Désormais, ils ne se retrouvent plus que sur un maigre dénominateur commun: rénover, a minima. Pour le reste, un musée digne de son siècle, merci aux perdants de se remettre au travail et de proposer quelque chose de «fédérateur». Avec quel argent? Dans quels délais? On verra bien.

Pendant ce temps-là, le joyau de Camoletti, celui qu’il fallait impérativement préserver des invasions barbares, prend l’eau. Au sens propre. Et pourrait bien fermer, en attendant que les Genevois retrouvent le goût d’entreprendre. Donc en attendant longtemps.

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