revue de presse

Ça va être «knapp» pour Urs Schwaller

Quelques commentaires évaluent ce matin les chances du Fribourgeois face à Didier Burkhalter pour l’élection au Conseil fédéral du 16 septembre. Ils les disent maigres face à l’argument «ethnique»

La course à la succession de Pascal Couchepin reste ouverte. Comme prévu, par 48 voix sur 48, le PDC a officiellement lancé mardi Urs Schwaller. Ainsi, écrit la Neue Zürcher Zeitung, «le PDC s’offre le luxe de présenter un candidat qui a ses racines dans la partie germanophone du canton de Fribourg à la place du Romand pur sucre de Buman et du Tessinois Pedrazzini. Alors qu’avec Pascal Couchepin, c’est un Romand qui quitte la scène nationale. Le PDC ne pouvait pas jouer la carte politique régionale, alors même que les forces en présence ne parlent pas en faveur de Schwaller. Et pourquoi l’Assemblée fédérale choisirait-elle un PDC à la place d’un PLR?» La radicale NZZ pense qu’élire un centriste comme le sénateur fribourgeois poserait problème, vu «le positionnement peu clair» de cet homme «abonné au compromis» qui croit pouvoir gouverner au centre «alors que ceux qui peuvent lui ouvrir la porte sont à gauche».

Le scénario de sa victoire, analyse Le Matin, serait que la gauche vote effectivement pour lui. «A quelques voix près» cependant, puisqu’«une minorité de socialistes est convaincue qu’il faut laisser le siège au PLR… Mais, en face, le bloc PLR-UDC n’est pas assez soudé: les voix UDC sont trop dispersées. Soit les démocrates du centre continuent à voter pour un autre candidat que le PLR, soit trop d’entre eux s’abstiennent, ce qui ferait baisser la majorité en faveur du Fribourgeois. Voire même une minorité vote pour Urs Schwaller pour se venger des radicaux qui avaient voté l’éviction de Blocher.» Verdict hardi du quotidien lausannois: 35% de chances pour Schwaller, 45% pour Burkhalter, 20% pour Lüscher.

Ce sera donc «knapp», comme dit le politologue Michael Hermann, interviewé par la Berner Zeitung: pour lui, c’est toujours Didier Burkhalter «qui occupe la pole position» et il a le sentiment qu’«au bout du compte, l’argument du pur Romand fera la différence». Même si les deux candidats «ont le format pour devenir conseiller fédéral». De plus, écrit le Bund, «comme Schwaller n’a pas suffisamment de soutien parmi les socialistes et les Verts, le Neuchâtelois a de bonnes chances d’être élu». Et ce serait d’ailleurs «un sommet» si ce n’était pas le cas, peste un lecteur très fâché de la Neue Luzerner Zeitung.

«C’est maintenant que le flirt avec la gauche va débuter», commente pour sa part la Südostschweiz, qui relève aussi la nécessité pour le PDC de convaincre les Latins: une semaine ne sera rien de trop pour réunir une majorité. Dans ce contexte, le Corriere del Ticino sait que les Suisses italiens devront encore attendre un tour, «incapables qu’ils sont de présenter une candidature forte», même si celle de Luigi Pedrazzini «aura eu le mérite de remettre la question à l’ordre du jour» à Berne. Mais pour ce dernier, «ce n’est pas l’heure», écrit laRegioneTicino, pour laquelle «l’expérience n’aura pas été inutile».

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