«Cela me surprend, oui et non», commente François Oggier, directeur pendant trente-deux ans du cabaret genevois Le Bataclan, à l'annonce de la fermeture par la police du mythique cabaret de la Vieille-Ville. Un trafic de drogue impliquant en tout dix personnes, aujourd'hui sous les verrous, a conduit la police à poser les scellés sur la porte mardi soir, suite à une enquête sur un trafic portant sur plusieurs kilos d'héroïne et de cocaïne. Un kilo d'héroïne a été saisi au Bataclan. Le gérant de l'établissement n'est pas impliqué.

Ouvert au début des années 60 par Irène Chevalier, Le Bataclan avait été vendu le 1er mai 1968 à une Parisienne, avant de connaître de nombreux propriétaires: «Un promoteur genevois, se souvient François Oggier. Puis des Russes, un joaillier genevois ensuite et, enfin, un imprésario de Montreux.» «Depuis le début des années 90, j'ai toujours pensé que les établissements ne pourraient à terme plus tourner, se rappelle l'ancien directeur qui a cessé de travailler pour le cabaret début 1996. Les autorités ont donné trop de patentes, forçant les cabarets à se tourner vers d'autres type de dérivatifs financiers.» Pendant ces trente années de service, François Oggier se remémore que la clientèle était «essentiellement suisse allemande» et «assez aisée». Loin du milieu qui semble avoir fréquenté le lieu ces derniers temps.