Augmentation de 5,7% des prestations médicales en cabinets et de 5,1% pour la vente de médicaments: tels sont les deux domaines qui représentent les plus fortes hausses des coûts à la charge de l’assurance-maladie. Santésuisse, l’organisation faîtière des assureurs, a livré ces chiffres vendredi à Berne, en prévision de la prochaine annonce des nouvelles primes pour l’année 2016.

Globalement, les coûts de l’assurance obligatoire des soins par personne assurée ont progressé de 3,9% en 2015. Les prestations brutes se sont élevées à 30 milliards de francs suisses, dont 12,4 milliards pour les hôpitaux, 9,1 milliards pour les médecins, 3,6 milliards pour les pharmacies et 5,2 milliards répartis entre divers prestataires comme les laboratoires, l’aide et les soins à domicile ou encore la physiothérapie. C’est toujours à Bâle-Ville que le coût par assuré est le plus élevé, devant Genève. Vaud est en cinquième position.

200 francs la consultation à Genève

Les prestations médicales en cabinet sont pointées du doigt. Le nombre de consultations augmente, tout comme le coût par consultation. Il est le plus élevé à Genève. 200 francs, c’est deux fois plus qu’à Appenzell.

Santésuisse explique les hausses dans ce secteur par l’augmentation des médecins pratiquant dans le domaine ambulatoire, l’apparition de nouveaux cabinets de groupe ou encore le supplément accordé par le Conseil fédéral aux médecins de famille. Ce supplément a eu pour conséquence une baisse de certains tarifs de spécialistes. Mais visiblement, l’exercice a surtout entrainé une augmentation des volumes.


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Quant au marché du médicament, l’augmentation des coûts s’explique par l’apparition de traitements toujours plus onéreux notamment pour lutter contre les cancers, l’hépatite C, les carences en fer, etc. Santésuisse déplore l’absence de vérification régulière des critères d’efficacité, d’adéquation et d’économicité par l’Office fédéral de la santé publique, ainsi que ses retards dans l’élaboration de règles pour les prix des génériques.

Vers un système par forfaits?

Santésuisse ne cache pas son inquiétude face à ces hausses constantes. D’autant plus que l’année 2016 commence mal. Au premier semestre, le montant total des dépenses de santé par personne a déjà augmenté de 4,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Les assureurs veulent endiguer cette hausse mais Verena Nold, directrice de Santésuisse, reconnaît que l’exercice est rendu difficile par le nombre d’acteurs concernés. La révision de Tarmed, la grille tarifaire, s’enlise et pourrait échouer. «Les défenses des intérêts des uns et des autres conduisent aussi à certains blocages au parlement», avoue-t-elle.

De son côté, Santésuisse va défendre une solution: financer certains traitements par forfaits, indépendamment du temps qui y est consacré. Car l’introduction du Tarmed a notamment permis l’envol d’une prestation difficile à contrôler: la consultation du dossier médical en l’absence du patient. «Cent positions Tarmed génèrent près de 50% des coûts», explique Verena Nold, certaine qu’une rétribution forfaitaire induirait moins d’actes. Dans le viseur: la radiologie, l’ophtalmologie, la cardiologie, l’orthopédie et la dermatologie.