Hubert Dafflon a-t-il menti sur son passé? Pas réellement. Mais le candidat PDC à la préfecture de la Sarine, aujourd'hui âgé de 49 ans, a en quelque sorte péché par omission. En 1991, il a été élu à l'exécutif de sa commune de Grolley sur une liste intitulée «Socialiste libre». Son nom figure en troisième position d'un document électoral imprimé à l'avance, ainsi que sur une brochure d'accompagnement, dont Le Temps a reçu une copie.

L'homme, il est vrai, n'a jamais caché avoir été plutôt de gauche dans sa jeunesse. Il l'a notamment affirmé haut et fort en novembre dernier devant les démocrates-chrétiens de sa commune, lors d'une assemblée qui a plébiscité sa candidature. Cela faisait alors une semaine qu'il était formellement membre du PDC. A cette occasion, il s'est décrit comme un «centriste», proche de la tendance d'Ecologie libérale.

«En 1991, j'ai effectivement figuré sur une liste «Socialiste libre». Par la suite, le PS fribourgeois m'a contacté pour que j'adhère au parti cantonal. Mais j'ai refusé», précise Hubert Dafflon. Qui ne renie pas son engagement passé: «C'est selon moi une qualité. Je suis d'origine prolétarienne, j'ai une sensibilité sociale. Au fil des ans, j'ai évolué. Sur certains thèmes, comme la politique sécuritaire, je suis clairement à droite.»

L'actuel aménagiste cantonal n'avait jusqu'à présent jamais clairement dit avoir autrefois couru sous une bannière socialiste. Cette révélation est-elle de nature à troubler l'électorat démocrate-chrétien? Christian Ducotterd, président du PDC de Sarine-Campagne, ne le pense pas. «Dans un village comme Grolley, les élections communales n'ont jamais été très politisées. Cela fait longtemps que notre candidat, dans sa façon de travailler, est proche du PDC. L'important est là.»

En penchant du côté du centre gauche, Hubert Dafflon pourrait même voler quelques voix au socialiste Carl-Alex Ridoré. En revanche, il pourrait apeurer une partie de la droite; témoin l'UDC de Fribourg-Ville, qui a appelé à voter pour le radical Denis Boivin.